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Nel linguaggio di gran parte delle giurisdizioni superiori dell'Occidente alla fine del Medioevo, la categoria dell }enormitas includeva le più gravi offese all'ordine legittimo. Vogliamo mostrare che questa categoria è emersa nell'ambito... more
Nel linguaggio di gran parte delle giurisdizioni superiori dell'Occidente alla fine del Medioevo, la categoria dell }enormitas includeva le più gravi offese all'ordine legittimo. Vogliamo mostrare che questa categoria è emersa nell'ambito pratico della riforma ecclesiastica e del governo papale nel XII secolo. In un primo tempo, negli anni 1130-1150, con « enormità » si suole designare una semplice irregolarità canonica, senza riferimento ad un grado specifico di gravità. A partire dagli anni 1160-70, il senso della nozione evolve. Comincia a designare allora – e fino alla fine del Medioevo – contemporaneamente e nel medesimo reato, i valori di infrazione alle regole o alle leggi, di peccato e di sovversione potenzialmente radicale dell'ordine cristiano. Questa nuova categoria, anche se resta tipica della sfera canonica, conosce poi un'ampia diffusione nel mondo secolare. Essa presenta forti similitudini con la categoria romana di atrocitas, ma anche caratteristiche del tutto specifiche. L’enormitas dei sec. XIII-XV è una nozione strutturalmente instabile e proteiforme. Sia il perimetro del suo campo di applicazione come strumento di qualificazione dei reati che le sue implicazioni procedurali sono mutevoli. In molti contesti, la nozione tende ad abbracciare la totalità dell'ambito criminale. Agisce, d'altro canto, in concomitanza con l'apparizione di procedure criminali, in- quisitorie o «straordinarie», che si definiscono prima di tutto attraverso una dilatazione senza precedenti dell « arbitrium iudicis » e quindi attraverso una situazione di eccezionalità più o meno generalizzata rispetto alle regole procedurali tradizionali. L’enormitas creava un continuum tra l'ambito ristretto dei crimini di lesa maestà e quello più vasto dei crimini ordinari.
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Une sentence de condamnation à la prison perpétuelle rendue en 1280 par l’évêque d’Albi Bernard de Castanet contre un chanoine dénommé Guilhem Fumet, jugé coupable d’avoir eu commerce charnel avec plusieurs hommes, constitue en l’état des... more
Une sentence de condamnation à la prison perpétuelle rendue en 1280 par l’évêque d’Albi Bernard de Castanet contre un chanoine dénommé Guilhem Fumet, jugé coupable d’avoir eu commerce charnel avec plusieurs hommes, constitue en l’état des connaissances le plus ancien document de ce type conservé en Occident. L’édition latine et la traduction française du texte sont ici accompagnés d’une synthèse sur les premières traces de la persécution des « sodomites » dans l’Europe occidentale à partir du début du XIIIe siècle. Concernant la sphère séculière, le décalage est frappant entre la prolifération des mesures normatives très sévères et la grande rareté des cas de poursuites attestés dans les sources de la pratique judiciaire. L’Église, de son côté, inaugura au XIIIe siècle une répression inédite contre la sodomie dans le clergé – sans toutefois en faire une une question obsessionnelle, ni même particulièrement pressante –, en relation avec la grande montée du gouvernement pastoral des fidèles. L’emprise de ce dernier, du point de vue de la papauté réformatrice, était conditionnée par le bon exemple de discipline de vie que devaient montrer les hommes d’Église. Or la sodomie était devenue, par excellence, la marque sursignifiante de la désobéissance à Dieu.
Les annexes de l’article comprennent les éditions et traductions, par Alexis Charansonnet, d’un sermon d’Eudes de Chateauroux à l’occasion de la déposition d’un clerc pour crime de sodomie (1267-1268), et, par Jean-Louis Biget, d’une sentence rendue à Albi, sous l’épiscopat particulièrement répressif de Bernard de Castanet, contre un paysan accusé de bestialité (1290).
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On suggère ici que l’« opinion publique » a d'abord été, en Occident, une construction médiévale, principalement juridique et judiciaire, associée à l'émergence de pouvoirs d'un type nouveau – des pouvoirs d'État, ecclésial et séculiers.... more
On suggère ici que l’« opinion publique » a d'abord été, en Occident, une construction médiévale, principalement juridique et judiciaire, associée à l'émergence de pouvoirs d'un type nouveau – des pouvoirs d'État, ecclésial et séculiers. La fama communis ou publica, « voix et commune renommée du pays », prit une place croissante dans les sources judiciaires du Moyen Âge à partir des dernières décennies du XIIe siècle ou de la première moitié du XIIIe siècle. Son apparition correspond au début d'une mutation générale dans la nature de la production documentaire, avec le développement de l'écrit et de bureaucraties ; sa prégnance s'accroît en même temps que le volume des sources, désormais abondantes, parfois sérielles. Concomitamment, et bien qu'elle ne soit jamais réduite au seul statut de nomen juris, la fama est devenue un thème privilégié du droit. Si la notion prend une telle importance, c'est en particulier parce qu'elle reçoit une fonction cruciale dans la procédure inquisitoire, dont le développement, aux XIIe-XIIIe siècles, est au cœur d'une révolution non seulement judiciaire et gouvernementale, mais aussi, plus largement encore, socio-politique et cognitive. L'article présente les fonctions de la fama dans l'exercice de la justice au temps des premiers pouvoirs d'État et montre en quoi elle constitue une formation juridico-politique spécifique des derniers siècles du Moyen Âge. On la trouve au principe de grands découpages qui tendaient à organiser sinon l'exercice de la justice dans son ensemble, du moins celui de la justice criminelle, ainsi que des pans importants de la justice civile : elle déterminait le statut juridique des personnes en matière processuelle ; elle contribuait, comme élément probatoire minimal, à délimiter le domaine du procès ; elle le déclenchait en régime inquisitoire. Loin d'être d'être une force immanente d'auto-organisation du monde social, la fama est indissociable de relations de pouvoir qui mettent en jeu des institutions centralisées, à vocation publique, en cours de développement, et les communautés qu'elles soumettent à leur emprise (cette emprise étant encore lâche, au regard des situations de l'époque moderne). Formation mixte, à laquelle le droit prenait autant de part que la vie sociale, la fama correspondait à un cadre de négociations entre institutions et société propre aux premiers siècles des pouvoirs centraux en Occident. La compétence de véridiction monopolisée par ces pouvoirs était au principe d'une gouvernementalité spécifique, au cœur de laquelle les stratégies des acteurs comme des institutions s'organisaient en fonction du couple fama/veritas.
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History, Law, Canon Law, Constitutional Law, International Relations, and 31 more
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This paper examines the Christ-centered rhetoric of King Philip the Fair’s counselor Guillaume de Nogaret, first in a set of texts produced to justify Nogaret’s action against Boniface VIII at Anagni, and, second, in royal documents... more
This paper examines the Christ-centered rhetoric of King Philip the Fair’s counselor Guillaume de Nogaret, first in a set of texts produced to justify Nogaret’s action against Boniface VIII at Anagni, and, second, in royal documents produced in the course of the Templar affair. "Negocium Christi", a key-concept used by Nogaret for his fight against Boniface’s heresy and evil intentions, was then applied to the French king’s supposedly providential action against the Knights Templar. It is suggested that Nogaret’s frenzied efforts to challenge his excommunication by pope Benedict XI resulting from the attack at Anagni led to the opening of the Templar case and thus further catalyzed a pontificalization of the French monarchy.
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ABSTRACT On the night of the 13th of February 1308, exactly four months after the general arrest of the Knights Templars in France on the order of King Philip IV the Fair, Giacomo da Montecucco, the master of the Templar province of... more
ABSTRACT
On the night of the 13th of February 1308, exactly four months after the general arrest of the Knights Templars in France on the order of King Philip IV the Fair, Giacomo da Montecucco, the master of the Templar province of northern Italy and a cubicularius of Pope Clement V, escaped from the papal Curia. A direct source provides us with a detailed account of Clement’s special frustration and great wrath after Giacomo’s flight. The master of Lombardy’s defection, it is suggested here, could hardly have come at a worse time, because it thwarted the strategy recently adopted by the pope in what had become a trial of strength with the king of France. This paper examines the meaning of this episode in the light of a general interpretation of the Templar affair.

Keywords: Templar Order - Trial of the Templars - Clement V - Philip the Fair of France
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Christianity, History, Medieval History, History of Religion, History of Christianity, and 42 more
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From the end of the 12th century until the Great Schism, the papacy prosecuted hundreds of prelates charged with ‘crimes’ (crimina), ‘excesses’ (excessus), or ‘enormities’ (enormia, enormitates), these words being used interchangeably in... more
From the end of the 12th century until the Great Schism, the papacy prosecuted hundreds of prelates charged with ‘crimes’ (crimina), ‘excesses’ (excessus), or ‘enormities’ (enormia, enormitates), these words being used interchangeably in the documents. These proceedings were often called inquisitionis negocia. All were initiated at the papal Curia and sentences were usually reserved to the pope or to a cardinal appointed by the pope. This article is based on the study of 480 cases between 1198 and 1342. It presents a general introductory survey of this judicial practice, which has never been studied before and seems curious, because, although serious and shameful charges were involved, ultimately most processes had minimal consequences for the accused. After a presentation of the sources which were used to establish the list of cases, a typology of the accusations is proposed. Finally, after a brief description of the procedures’ general characteristics, the various results of the processes are discussed.
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Après avoir rappelé les grandes lignes de l’affaire du Temple, l’article en esquisse une réinterprétation d’ensemble. L’analyse des sources émises par les instigateurs du procès – le roi de France Philippe le Bel et ses conseillers – est... more
Après avoir rappelé les grandes lignes de l’affaire du Temple, l’article en esquisse une réinterprétation d’ensemble. L’analyse des sources émises par les instigateurs du procès – le roi de France Philippe le Bel et ses conseillers – est privilégiée. Une logique étrangère à l’histoire de l’ordre mais propre, en revanche, à celle de la monarchie capétienne présida aux événements. La « découverte » et la répression d’une « hérésie des templiers » fut la dernière étape d’un processus, commencé lors du conflit avec Boniface VIII, au cours duquel la royauté française s’appropria les fondements mystiques de la théocratie pontificale. Dans l’affaire du Temple, les légistes royaux achevèrent de sceller une Nouvelle Alliance entre Dieu et le Capétien. Défenseur suprême de la foi catholique, le roi était désormais investi d’une fonction christique, supérieure à celle du pape. L’enjeu du procès des templiers fut la transfiguration du pouvoir royal.

Abstract
« A Heresy of State. Philip the Fair, the Trial of the ‘Perfid Templars’ and the pontificalization of French Kingship ».

Having first summed up the Temple case, this article outlines a comprehensive reinterpretation with special regard to the texts written by the instigators of the trial, namely Philip the Fair and his ministers. The logic that prevailed was peculiar to the history of the capetian monarchy ; it had nothing to do with the order’s history. The « discovery » and repression of the « templars’ heresy » was the last step of a process that had begun with the franco-papal rift at the time of Boniface VIII. In this process, the french monarchy appropriated the mystic foundations of the papal theocracy. With the Temple case, the royal legists finished to set the seal on a New Alliance between God and the king. As the ultimate defender of the catholic faith, the capetian king was now fully invested with a christical function that put him above the pope. What was at stake in the templars’ trial was the transfiguration of the royal power.
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Trois papes successifs, Alexandre IV, Urbain IV et Clément IV, ont fait mener six années durant une « affaire d’enquête » ("inquisitionis negocium") contre l'évêque de Rodez Vézian. Ce dernier était accusé devant leur justice, sans qu’il... more
Trois papes successifs, Alexandre IV, Urbain IV et Clément IV, ont fait mener six années durant une « affaire d’enquête » ("inquisitionis negocium") contre l'évêque de Rodez Vézian. Ce dernier était accusé devant leur justice, sans qu’il soit jamais dit par qui, de « méfaits énormes » ("enormia sinistra") : profanation de l’office divin, simonie, sodomie et « autres nombreux crimes qui offensent Dieu et scandalisent les hommes ». Des auditions de témoins furent menées à Rodez et l'évêque dut se défendre vigoureusement à la Curie romaine avant d’échapper en définitive, semble-t-il, à toute condamnation. On propose ici une première analyse de cette affaire assez bien documentée, qu’il faut replacer dans la longue série, méconnue, des procédures inquisitoires lancées par la papauté contre des prélats accusés d’« excès » aux XIIIe et XIVe siècles. Au vu de l’histoire agitée de l’épiscopat (1247-1274) et des relations conflictuelles entretenues par Vézian avec la nouvelle administration comtale d’Alphonse de Poitiers, dans un contexte de co-gouvernement du Languedoc par l’Église et les Capétiens après l’éviction récente de la maison de Saint-Gilles, on suggère que les poursuites ont été lancées sous l’influence du comte. La désignation comme enquêteur, au début de l’affaire, de l'archevêque de Narbonne Gui Foucois, un personnage emblématique de la symbiose entre Église romaine et royauté française dans la région, constitue un élément important à l’appui de cette interprétation. L’« affaire d’enquête » mettait l'évêque en difficultés, mais elle était destinée à traîner en longueur, comme presque toutes les procédures de ce genre, sans d’ailleurs qu’une conclusion précise doive nécessairement intervenir un jour. En acceptant de faire mener ces poursuites, les papes contenaient l’irritation de leur puissant allié capétien en lui donnant partiellement satisfaction, tout en évitant de désavouer clairement un prélat fidèle aux principes de la théocratie. La justice inquisitoire est ici mise en œuvre à des fins de médiation qui ne sont jamais explicites, sans que les formes juridiques soient prises à la légère, bien au contraire. Elle apparaît bien comme un instrument politique d’usage subtil au service du gouvernement pontifical.
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Spunti per una rilettura del caso Saisset, con il quale si aprí il "grand différend" tra Filippo il Bello e Bonifacio VIII nel 1301, cioè un momento chiave per lo sviluppo della Chiesa gallicana. L'analisi dei testi scritti nell'entourage... more
Spunti per una rilettura del caso Saisset, con il quale si aprí il "grand différend" tra Filippo il Bello e Bonifacio VIII nel 1301, cioè un momento chiave per lo sviluppo della Chiesa gallicana. L'analisi dei testi scritti nell'entourage regio (specie dal Nogaret) all'occasione del caso mette in luce gli inizi di un fenomeno di "pontificalizzazione" della monarchia capetingia, il quale si sarebbe accentuato negli anni 1302-1314 con le accuse rivolte a Bonifacio VIII e con il processo ai templari.
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This article provides an outline for a new interpretation of the trial of the Templars, with special attention to the texts written by the instigators of the case, namely, Philip the Fair and his ministers. The trial had everything to do... more
This article provides an outline for a new interpretation of the trial of the Templars, with special attention to the texts written by the instigators of the case, namely, Philip the Fair and his ministers. The trial had everything to do with the growth of the French monarchy. With the “discovery” and repression of the “Templars' heresy,” the Capetian monarchy claimed for itself the mystic foundations of the papal theocracy. The Temple case was the last step of a process of appropriating these foundations, which had begun with the Franco-papal rift at the time of Boniface VIII. Being the ultimate defender of the Catholic faith, the Capetian king was now fully invested with a Christlike function that put him above the pope. What was at stake in the Templars' trial was the establishment of a royal theocracy.
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Gnosticism, Criminal Law, Criminal Procedure, Criminal Justice, Jurisprudence, and 41 more
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Thery-Astruc__La_fuite_et_lerrance__Lhist._dec._2016__1.pdf
Thery-Astruc__La_fuite_et_lerrance__Lhist._dec._2016__2.pdf
After Manfred's defeat and death (february 26, 1266), the papacy sent several representatives in the city-States of central and northern Italy to help pulling down the Ghibelline regimes. This article gives a detailed account of one of... more
After Manfred's defeat and death (february 26, 1266), the papacy sent several representatives in the city-States of central and northern Italy to help pulling down the Ghibelline regimes. This article gives a detailed account of one of these missions, namely Bernard de Castanet and Bartolomeo of Trevi's intervention at Cremona and Piacenza in 1266-1267. These two papal chaplains were tenacious and successful in their bid to put an end to Oberto Pallavicini's long-time domination. A good number of narrative and official sources shed light on the "nuncii"'s determined action in the political milieu. A major achievement was the establishment of "consortia fidei et pacis" in both Cremona and Piacenza. These civic associations controlled the municipal institutions for the sake of the catholic faith and in the name of the struggle against heresy. Most of all, they secured the obedience of both cities to the Roman Church. The new political order was thus founded on spiritual imperatives. Finally, the papal chaplains managed to settle a general peace agreement between the main Lombard cities under the authority of the Apostolic See (The "Peace of Romano"). Bernard de Castanet played the biggest part in the course of events and revealed his political skill as well as firmness in defending papal theocracy. This first mission opened the way to his ecclesiastical career, despite his probable humble origin.

Après la défaite et la mort de Manfred (26 février 1266), la papauté envoya plusieurs représentants dans les cités-Etats de l'Italie centrale et septentrionale pour contribuer au renversement des régimes gibelins. Cet article retrace en détail l'une de ces missions, celle menée par Bernard de Castanet et Bartolomeo de Trevi à Crémone et à Plaisance en 1266-1267. A force de tenacité, ces deux chapelains pontificaux parvinrent à mettre un terme à la longue domination du vicaire impérial Oberto Pellavicini. Un assez grand nombre de sources narratives et officielles éclairent l'action des "nuncii" dans la mêlée politique au sein des deux communes. Leur intervention culmina avec l'établissement de "consortia fidei et pacis". Ces associations civiques exerçaient un contrôle sur les institutions communales  au nom de la foi catholique et du combat contre l'hérésie. Surtout, elles assuraient l'obéissance des villes à l'Eglise romaine. Le nouvel ordre politique était ainsi fondé sur des impératifs spirituels. Pour finir, les chapelains pontificaux réussirent à instaurer une paix générale entre les principales villes de Lombardie, sous l'autorité du Siège apostolique ("Paix de Romano"). D'un bout à l'autre de l'intervention, Bernard de Castanet eut le premier rôle. Il fit ainsi la preuve de son habileté politique comme de sa fermeté à défendre la théocratie pontificale. Cette première mission couronnée d'un succès sans doute inespéré favorisa la suite de sa carrière ecclésiastique et contribua, dans cette perspective, à compenser la modestie de ses origines.
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""In the language of most superior jurisdictions in the end of the Middle Ages, the concept of enormitas included the most serious breaches of the legitimate order. It is suggested here that this concept was created during the 12th... more
""In the language of most superior jurisdictions in the end of the Middle Ages, the concept of enormitas included the most serious breaches of the legitimate order. It is suggested here that this concept was created during the 12th century in the practice of papal government and ecclesiastical reform. First, around 1130-1150, an « enormity » refered to a simple canonical irregularity without indicating any level of seriousness. From 1150-1160 on, the meaning changed. « Enormity » started to denote a blend of breach of rules or law, sin or stain and potentially radical subversion of the christian order. Although it remained typical of the ecclesiastical sphere, this new concept quickly spread broadly in the secular world, with a sense that was very similar to that of roman « atrocity » but had specific features. The enormitas of the 13th and 14th centuries was structurally unstable and protean. The perimeter of its field as a legal definition was variable, just as were its procedural implications. In many cases, the concept tended to embrace the whole criminal sphere (or « grand criminel », as it was called in France). Its use developed in concomitance with the rise of inquisitorial or « extraordinary » procedures, which were defined by an unprecedented expansion of the arbitrium judicis and therefore by situations of more or less generalized exceptionality with regard to traditional rules. While contributing to delimit the criminal sphere, enormitas thus created a continuum between the restricted field of crime of lese-majesty and that of ordinary crimes.


Dans le langage de la plupart des juridictions supérieures d’Occident à la fin du Moyen Âge, la catégorie de l’enormitas recouvrait les plus graves atteintes à l’ordre légitime. On montre ici que cette catégorie a été élaborée au XIIe siècle dans la pratique du gouvernement pontifical et de la réforme ecclésiastique. En premier lieu, dans les années 1130-1150, une « énormité » désigna une simple irrégularité canonique, sans référence à un quelconque degré de gravité. À partir des années 1150-1160, le contenu de la notion évolua. Elle commença à qualifier – et qualifia dès lors jusqu’à la fin du Moyen Âge et bien au-delà – un mixte d’infraction aux règles ou à la loi, de péché ou souillure et de subversion potentiellement radicale de l’ordre chrétien. Même si elle resta typique de la sphère ecclésiastique, cette nouvelle catégorie connut rapidement une vaste diffusion au sein du monde séculier, dans des acceptions qui présentaient de fortes similitudes avec la notion romaine d’atrocitas, mais aussi des caractéristiques spécifiques. L’enormitas des XIIIe-XIVe siècles était une notion structurellement instable, protéiforme. Le périmètre de son champ d’application comme qualification juridique, tout comme ses implications procédurales, demeuraient variables. Dans de nombreux contextes, la catégorie tendait à embrasser l’ensemble de la sphère criminelle (ou du « grand criminel »). Son usage se développa en concomitance avec l’apparition de procédures inquisitoires ou « extraordinaires » caractérisées par une dilatation sans précédent de l’arbitrium judicis et donc par des situations d’exceptionnalité plus ou moins généralisée eu égard aux règles de droit traditionnelles. Tout en contribuant à délimiter le champ du pénal, l’enormitas ménageait donc un continuum entre la sphère restreinte des crimes de lèse-majesté et celle des crimes ordinaires.""
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History, European History, Law, Criminal Law, Criminal Justice, and 56 more
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À partir de l’étude de deux documents conservés aux Archives du Vatican, cet article reconstitue le déroulement d’une enquête judiciaire lancée en 1338 par le pape Benoît XII au sujet de malversations financières imputées à l'évêque de... more
À partir de l’étude de deux documents conservés aux Archives du Vatican, cet article reconstitue le déroulement d’une enquête judiciaire lancée en 1338 par le pape Benoît XII au sujet de malversations financières imputées à l'évêque de Sienne Donosdeo de’ Malavolti. Les deux documents sont des fascicules de recollectiones, c'est-à-dire des rapports (rédigés par des membres du personnel de la Curie, probablement des clercs de la Chambre apostolique) qui analysent et synthétisent le contenu des actes rapportés à l’issue d’une inquisitio effectuée à Sienne. Ces recollectiones sont ici resituées dans la typologie des sources produites par les affaires d’excessus prelatorum à partir du pontificat d’Innocent III. Leur examen éclaire les méthodes bureaucratiques de traitement des dossiers judiciaires à la Curie, mais aussi les modalités de mise en œuvre de la procédure inquisitoire par les agents de la papauté au début du XIVe siècle, ainsi que la place de l’enquête dans le gouvernement centralisé de l’Église à cette époque. L’affaire offre un bon exemple des nouvelles stratégies rendues possibles, pour les acteurs des sociétés locales, par le développement des justices inquisitoires souveraines. Il s’avère en effet que l’enquête pontificale fut suscitée par des dénonciations émanant de la famille siennoise des Piccolomini, qu’une guerre privée opposait alors à celle des Malavolti depuis plusieurs années.
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Thery_Proces_des_templiers_Dictionnaire_des_ordres_militaires.pdf
Thery__Proces_des_templiers__dans_Dictionnaire_des_ordres_militaires__2009.pdf
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Une réflexion autour des noms donnés à la dissidence religieuse étudiée aboutit à proposer l'emploi d'une nouvelle dénomination, celle d'"hérésie des bons hommes". Historiquement erronés, même s'ils reprennent parfois la terminologie... more
Une réflexion autour des noms donnés à la dissidence religieuse étudiée aboutit à proposer l'emploi d'une nouvelle dénomination, celle d'"hérésie des bons hommes". Historiquement erronés, même s'ils reprennent parfois la terminologie choisie à l'époque par l'Eglise, les noms couramment utilisés, en particulier "cathares" et "catharisme", devraient être abandonnés, car ils éludent la dimension de construction à des fins persécutrices qui est constitutive de l'hérésie. Cette dernière est d'abord une qualification juridique, qui transforma la dissidence en déviance par un effet d'"implantation perverse" (Michel Foucault) propre à l'efficacité du droit. Le nom de "bons hommes", issu de la pratique des hérétiques, rappelle que la contestation consistait d'abord à reconnaître des autorités concurrentes de l'Eglise et que son contenu concernait l'ordre théologico-politique du monde dans son ensemble. Les idées et pratiques dissidentes n'étaient ni stables, ni cohérentes, car elles n'étaient pas soutenues par des institutions. Avant d'être une erreur, l'hérésie était une errance.
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Présentation rapide des accusations avancées dans les procédures criminelles de la papauté contre les membres de la haute hiérarchie ecclésiastique. Ces affaires devinrent fréquentes à partir du pontificat d'Innocent III (1198-1216), au... more
Présentation rapide des accusations avancées dans les procédures criminelles de la papauté contre les membres de la haute hiérarchie ecclésiastique. Ces affaires devinrent fréquentes à partir du pontificat d'Innocent III (1198-1216), au cours duquel fut achevée pour l'essentiel la mise au point d'un "mode inquisitoire" dont la genèse s'était accélérée au temps d'Alexandre III (1159-1181). Pour désigner les fautes reprochées aux chefs d'églises, les papes utilisaient trois mots à peu près interchangeables : "excessus", "crimen", "enormitas". Le premier était le plus usité. L'analyse d'environ 400 procédures recensées pour la période 1198-1314 montre que la "dilapidation" était le reproche le plus courant, la simonie et l'incontinence étant aussi des "excès" très fréquemment invoqués. Des dynamiques d'accumulation des griefs sont identifiées, parmi lesquelles l'association structurelle entre gouvernement de soi et gouvernement des autres. En l'absence d'un régime administratif des relations entre la papauté et les membres de la hiérarchie, les procédures criminelles visaient à faire peser toute la "plénitude de puissance" du vicaire du Christ sur ceux que la Curie tenait désormais pour les agents de son gouvernement centralisé.
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Monaldo dei Monaldeschi, franciscain, issu d'une des plus puissantes familles guelfes d'Orvieto, fut nommé par Boniface VIII évêque de Sovana (en Toscane méridionale) en 1298 puis archevêque de Bénévent en 1303. Quelques mois après son... more
Monaldo dei Monaldeschi, franciscain, issu d'une des plus puissantes familles guelfes d'Orvieto, fut nommé par Boniface VIII évêque de Sovana (en Toscane méridionale) en 1298 puis archevêque de Bénévent en 1303. Quelques mois après son arrivée dans la cité samnite, des chanoines de la cathédrale se présentèrent à la Curie pontificale pour l'accuser d'assassinat et de simonie. Il s'ensuivit une procédure criminelle extraordinairement longue. D'enquêtes "in partibus" en audiences cardinalices et avec de longs temps morts, l'affaire se poursuivit sous quatre pontificats et pendant plus de vingt-huit ans, jusqu'à la mort de l'archevêque. Entre 1309 et 1311, Monaldo devint chapelain et conseiller du roi de Naples Robert d'Anjou. L'attitude de l'archevêque dans la grande insurrection des Bénéventains contre le recteur pontifical en 1316 pourrait avoir incité Jean XXII à relancer le procès criminel, qui était alors oublié depuis une dizaine d'années. Le meneur de la révolte, le noble Simone Mascambruno, était soutenu par le roi Robert. Le pape pourrait avoir utilisé la vieille affaire comme un moyen de pression ou de rétorsion contre la politique de l'Angevin lors des événements de Bénévent. A partir de 1318-1320, Monaldo fut contraint de demeurer auprès de la Curie en Avignon. En 1322, il dut participer à la consultation sur la pauvreté apostolique organisée par Jean XXII. Dans sa brève contribution, l'archevêque se prononça en faveur de la licéité de la thèse des franciscains spirituels selon laquelle le Christ et les apôtres n'avaient possédé aucun bien.
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In the language of most of the superior jurisdictions of the West at the end of the Middle Ages, the category of "enormitas" included the worst breaches of law and legitimate order. This study shows that the category emerged in the... more
In the language of most of the superior jurisdictions of the West at the end of the Middle Ages, the category of "enormitas" included the worst breaches of law and legitimate order. This study shows that the category emerged in the practice of ecclesiastical reform and papal government during the 12th century. At a first stage, in the years 1130-1150, an "enormity" was a mere canonical irregularity, with no reference to a particular seriousness of the offence. In the 1160s and 1170s, the meaning of the category changed. From this period and until the end of the Middle Ages, it refered to a blend of infraction of the law, sin or stain, and potentially radical subversion of the christian public order. This new category, though it remained typical of the canonical sphere, spread widely in the secular world. The "enormitas" of the 13th-15th centuries was a protean notion. It had remarkable similarities with the roman "atrocitas" but also very specific features. The extension of its field of application as a qualification was variable, as were its procedural implications. In many contexts, the category tended to embrace the whole criminal sphere. On the other hand, its use was connected to the development of criminal procedures (inquisitorial of "extraordinary" procedures) caracterized by an unprecedented expansion of the "arbitrium iudicis" and therefore by a situation of generalized exception with regard to traditional procedural rules. "Enormitas" created a continuum between the limited area of crime of lese-majesty and the larger field of ordinary crimes.
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Une analyse des attaques lancées par certains contributeurs des "Mélanges Jean Duvernoy" contre une historiographie récente des hérésies médiévales. L'actuelle remise en cause de la notion unifiante et réifiante de "catharisme" est... more
Une analyse des attaques lancées par certains contributeurs des "Mélanges Jean Duvernoy" contre une historiographie récente des hérésies médiévales. L'actuelle remise en cause de la notion unifiante et réifiante de "catharisme" est rejetée sans argumentation convaincante, mais aussi comparée à la falsification de l'histoire du génocide des juifs par les négationnistes...
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Brève présentation du 46e tome des "Cahiers de Fanjeaux", qui édite les actes du colloque "Lieux sacrés et espace ecclésial" (juillet 2010) présidé par Michel Lauwers. Pour l'organisation de l'espace comme sur tous les autres plans,... more
Brève présentation du 46e tome des "Cahiers de Fanjeaux", qui édite les actes du colloque "Lieux sacrés et espace ecclésial" (juillet 2010) présidé par Michel Lauwers. Pour l'organisation de l'espace comme sur tous les autres plans, l'Église a joué un rôle de premier plan dans la société médiévale. Elle s'est progressivement ancrée dans des lieux hautement valorisés - des lieux consacrés -, autour desquels se sont disposés non seulement les établissements religieux, mais aussi les communautés d'habitants, villes ou villages. Le processus de " spatialisation du sacré " et les formes de " territorialisation " (c'est-à-dire de constitution d'espaces socialement cohérents) suscitées par l'Église retiennent particulièrement l'attention des archéologues et des historiens depuis quelques années. Le 46e colloque de Fanjeaux, dont le présent volume publie les actes, fait le point sur ces questions pour le Languedoc et la Provence. Les études architecturales et l'iconographie tiennent une ici part importante. Abondamment illustrées, les contributions abordent entre autres l'histoire des bourgs monastiques languedociens, la genèse des paroisses dans le Massif central, l'organisation diocèsaine du Midi, l'espace liturgique dans les églises romanes de Catalogne, l'archéologie du cimetière Saint-Seurin de Bordeaux, l'espace sacré et seigneurial de l'abbaye de Saint-Gilles du Gard, les aires de prédication et de quête des ordres mendiants, notamment à Rodez et en Comtat Venaissin, ou encore la représentation des 13 églises fondées par saint Martial dans une fresque du palais des papes d'Avignon.
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Présentation dans ses grandes lignes d'une recherche orientée selon trois hypothèses : les pratiques d'enquête de vérité ont été au fondement d'un régime de relations de pouvoir original caractérisable comme une première forme de... more
Présentation dans ses grandes lignes d'une recherche orientée selon trois hypothèses : les pratiques d'enquête de vérité ont été au fondement d'un régime de relations de pouvoir original caractérisable comme une première forme de gouvernementalité souveraine ; le modèle ecclésial et sa procédure " romano-canonique " ont eu un rôle central pour la mise en place de ce nouveau régime ; l'enquête de vérité était constitutive de deux registres inhérents à cette gouvernementalité souveraine, celui de la "fama" et celui des "enormia". L'étude porte sur une longue série de procès menés par la papauté des XIIe-XIVe s., contre des prélats accusés d'" excès " ou " crimes " souvent dits " énormes ". Ces enquêtes ont constitué un domaine d'expérimentation, un laboratoire de l'inquisitoire canonique. La réflexion concerne ici principalement sur le rôle de la "fama", qui permettait la capillarité et la centralisation des relations de pouvoir organisées par l'enquête, tout en instaurant une problématique de vérité au cœur de ces relations. La "fama"donnait aux faits concernés un statut de vérité incertaine, à vérifier par l'enquête que seules pouvaient mener les autorités compétentes, c'est-à-dire les institutions souveraines
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Le cycle de recherches collectives Fulmen a pour objet l'histoire des sanctions (ou censures) spirituelles dans la tradition chrétienne (excommunications, interdit, suspense), des origines à nos jours. En étudiant le fonctionnement et les... more
Le cycle de recherches collectives Fulmen a pour objet l'histoire des sanctions (ou censures) spirituelles dans la tradition chrétienne (excommunications, interdit, suspense), des origines à nos jours. En étudiant le fonctionnement et les usages de ces « censures », dont les attendus théologiques et les formes juridiques sont demeurées très stables depuis le Moyen Âge, c'est le régime des relations entre le religieux et le politique dans le temps long de l'histoire occidentale que l'on souhaite éclairer. Le présent colloque, premier du cycle, vise à poser d'emblée un horizon comparatif par une confrontation avec les caractères de la contrainte religieuse dans les traditions hébraïques et musulmanes, de façon à mieux dégager les spécificités du christianisme – tout en soulignant celles du judaïsme et de l'islam. On mettra donc en parallèle les formes du nidduy (exclusion temporaire) et du h'erem (mise à l'écart radicale) juifs, celles du takfîr (déclaration de mécréance) musulman, et celles de l'excommunication (principalement catholiques, mais également protestantes et orthodoxes). La notion d'hérésie et les phénomènes de violence religieuse seront nécessairement pris en considération, comme formes et débouchés extrêmes de la condamnation spirituelle. Une telle démarche demeure assez rare, aussi bien dans le champ historiographique que dans celui des études religieuses. Plusieurs publications récentes ont certes tenté une comparaison des concepts assimilables à celui d'« hérésie » dans les trois monothéismes abrahamiques. Les modalités de la condamnation religieuse ont également fait l'objet d'un regain d'attention ces dernières années pour l'Occident médiéval et pour l'islam – mais de façon séparée. L'approche comparative générale, telle qu'elle est tentée ici, constitue un pari nouveau. Deux grands axes organiseront la réflexion. Le premier considérera les formes et degrés d'intensité de l'usage des sanctions dans l'exercice du gouvernement religieux, en relation avec les divers degrés de sophistication du fonctionnement de ces sanctions – le principal point de repère historique étant « l'âge d'or du gouvernement par les sanction spirituelles » que représentent les XII e-XIV e siècles en Occident. Même si la Chrétienté latine a connu au second Moyen Âge une diffraction du pouvoir de lancer des sanctions canoniques, la forte centralisation institutionnelle de l'Église catholique contribue probablement à expliquer la place spéciale prise par ces instruments de gouvernement, tandis que les mondes hébraïques et musulmans sont marqués par la pluralité des autorités et par des régimes de relation différents entre médiateurs (« clergés ») et simples fidèles. Le second axe envisagera les situations actuelles, dans la vie religieuse (et politique) des sociétés contemporaines. L'approche en terme de « traditions », c'est-à-dire d'héritages constamment réinterprétés, permet une mise en perspective historique pertinente des situations contemporaines : radicalisations politiques de l'islam, crise actuellement suscitée au sein de l'Église catholique par la « modernisation » via l'accès aux sacrements de fidèles en situation d'irrégularité, fragmentation du judaïsme.
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Le cycle de recherches collectives Fulmen (https://fulmen.hypotheses.org/) a pour objet l’histoire des sanctions (ou censures) spirituelles dans la tradition chrétienne (excommunications, interdit, suspense), des origines à nos jours. En... more
Le cycle de recherches collectives Fulmen (https://fulmen.hypotheses.org/) a pour objet l’histoire des sanctions (ou censures) spirituelles dans la tradition chrétienne (excommunications, interdit, suspense), des origines à nos jours. En étudiant le fonctionnement et les usages de ces « censures », dont les attendus théologiques et les formes juridiques sont demeurées très stables depuis le Moyen Âge, c’est le régime des relations entre le religieux et le politique dans le temps long de l’histoire occidentale que l’on souhaite éclairer.
Le présent colloque, premier du cycle, vise à poser d’emblée un horizon comparatif par une confrontation avec les caractères de la contrainte religieuse dans les traditions hébraïques et musulmanes, de façon à mieux dégager les spécificités du christianisme – tout en soulignant celles du judaïsme et de l’islam.
On mettra donc en parallèle, lors de cette manifestation inaugurale, les formes du nidouy (exclusion temporaire) et du herem (mise à l’écart radicale) juifs, celles du takfîr (déclaration de mécréance) musulman, et celles de l’excommunication (principalement catholiques, mais également protestante et orthodoxes). La notion d’hérésie et les phénomènes de violence religieuse seront nécessairement pris en considération, comme formes et débouchés extrêmes de la condamnation spirituelle.
Une telle démarche demeure assez rare, aussi bien dans le champ historiographique que dans celui des études religieuses. Plusieurs publications récentes ont certes tenté une comparaison des concepts assimilables à celui d’« hérésie » dans les trois monothéismes. Les modalités de la condamnation religieuse ont également fait l’objet d’un regain d’attention ces dernières années pour l’Occident médiéval et pour l’islam – mais de façon séparée. L’approche comparative générale, telle qu’elle est tentée ici, constitue un pari nouveau.
Deux grands axes organiseront la réflexion.
Le premier considérera les divers formes et degrés d’intensité de l’usage des sanctions dans l’exercice du gouvernement religieux, corrélé aux divers degrés de sophistication du fonctionnement de ces sanctions –  avec pour principal point de repère historique « l’âge d’or du gouvernement par les sanction spirituelles » que représentent les XIIe-XIVe siècles en Occident. Même si la Chrétienté latine a connu au second Moyen Âge une diffraction et dissémination du pouvoir de lancer des sanctions canoniques, la forte centralisation institutionnelle de l’Église catholique contribue probablement à expliquer la place spéciale prise par ces instruments de gouvernement, par opposition avec des mondes hébraïques et musulmans marqués par la pluralité des autorités et par des régimes de relation différents entre médiateurs (« clergés ») et simples fidèles.
Le second axe envisagera les situations actuelles, dans la vie religieuse (et politique) des sociétés contemporaines. L’approche en terme de « traditions », c’est-à-dire d’héritage constamment réinterprété, permet une mise en perspective historique pertinente des situations contemporaines : radicalisations politiques de l’islam, crise actuellement suscitée au sein de l’Église catholique par la « modernisation » via l’accès aux sacrements de fidèles en situation d’irrégularité, fragmentation du judaïsme.



Les enseignements qui seront tirés de cette approche comparative permettront de mettre en perspective générale les travaux sur l’histoire du fonctionnement des sanctions spirituelles (colloque prévu à Rome, janvier 2019), sur le rôle (géo)politique des sanctions (Lyon, 2020) et sur les résistances qu’elles suscitent (Rome, 2021).
L’ensemble des résultats du cycle de recherches Fulmen fera l’objet d’un livre collectif, à paraître dans la collection de l’École française de Rome ou dans celle du CIHAM en 2022.
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Du mythe de l’excommunication de l’empereur Théodose par saint Ambroise après le massacre de Thessalonique (390) aux sanctions prononcées en 2013 par le pape François contre le Père australien Greg Reynolds, coupable d’avoir dispensé... more
Du mythe de l’excommunication de l’empereur Théodose par saint Ambroise après le massacre de Thessalonique (390) aux sanctions prononcées en 2013 par le pape François contre le Père australien Greg Reynolds, coupable d’avoir dispensé publiquement un enseignement contraire à celui de l’Église concernant l’ordination des femmes, les sanctions canoniques sont demeurées, dans des contextes et des modalités très divers, un instrument du gouvernement pastoral particulièrement souple – mais d’usage délicat, en raison d’effets contre-productifs toujours possibles. Elles relèvent d’un régime de normativité bien particulier, qui fait toute leur spécificité : elles ne consistent pas directement à frapper, à punir, mais à estimer, peser, juger, afin de classer, recenser ou enregistrer (censeo) et d’assigner un statut spécial, réversible, destiné à inciter à l’amendement, à la correction.

La constance des principes – que l’on peut déjà identifier avant le christianisme avec la nota infamiae des censeurs romains – et des rituels – ainsi la cérémonie pontificale d’excommunication des « ennemis de l’Église » renouvelée à dates fixes trois fois par an du XIIe au XVIIIe siècle – recouvre évidemment une multitude de situations et d’évolutions à travers les âges et les lieux. Cette « Journée d’études Yan-Thomas. Droit et sciences sociales » ne constitue que le premier d’un cycle de recherches comparatives sur la forme et les usages des censures canoniques de l’Antiquité tardive à nos jours. On considérera toujours aussi bien les continuités longues que les spécificités en privilégiant deux angles d’approche : celui des rapports entre intériorité du sujet et gouvernement, d’une part, et, de l’autre, celui des rapports entre pouvoirs séculiers et institution ecclésiastique.
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Après l’histoire de la répression des “hérésies” et des contestations réprimées sous ce nom du XIe au début du XIVe siècle, abordée en 2015-2016, le séminaire sera consacré à un épisode singulier, le procès des templiers (1307-1314).... more
Après l’histoire de la répression des “hérésies” et des contestations réprimées sous ce nom du XIe au début du XIVe siècle, abordée en 2015-2016, le séminaire sera consacré à un épisode singulier, le procès des templiers (1307-1314). L’affaire sera étudiée du point de vue particulier de la papauté, qui se trouva confrontée aux initiatives extraordinaires prises par le roi de France Philippe le Bel et s’efforça d’imposer son contrôle sur les poursuites contre les membres d’un ordre religieux légalement soumis à sa seule juridiction.
En relation avec l’Atelier “lettres pontificales”, on étudiera un choix de bulles émises par Clément V, tout en reprenant la chronologie du procès, en évoquant les développements récents de l’historiographie et en s’attachant à l’interprétation générale de l’affaire dans la logique des relations entre la royauté capétienne et la théocratie pontificale.
Au cours d’une séance spéciale (prévue le 26 octobre, sous réserve), le séminaire recevra Elizabeth A. R. Brown,  Professeur émérite à la City University of New York (Brooklyn College) pour discuter avec elle de ses travaux récents autour de la bulle Vox in excelso, par laquelle Clément V prononça la dissolution de l’ordre du Temple le 22 mars 1312, au terme du concile de Vienne.
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Qu'est-ce que la souveraineté ? Lorsqu'ils emploient ce mot aujourd'hui, juristes français et allemands ne lui attachent pas toujours le même contenu : c'est ce qui explique (ou contribue à expliquer) les difficultés que rencontre le... more
Qu'est-ce que la souveraineté ? Lorsqu'ils emploient ce mot aujourd'hui, juristes français et allemands ne lui attachent pas toujours le même contenu : c'est ce qui explique (ou contribue à expliquer) les difficultés que rencontre le projet européen, entre l'approche allemande, ouvertement fédérative, et l'approche française, plutôt "confédérale", voire souverainiste. La revendication de la superioritas du roi de France, dans les limites de son royaume, face au projet impérial de dominium mundi, a été très précoce : la parité entre le Regnum Francorum et l'Empire a été affirmée très nettement dès le XIIe siècle, puis renouvelée tout au long du moyen âge. La question sera envisagée ici à partir de quelques documents commentés : textes juridiques et diplomatiques, témoignages iconographiques.
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Mercredi de 11 h à 13 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 4 et 11 février, 4, 18 et 25 mars, 1er et 15 avril, 6 et 20 mai 2015 Comment le droit, avec les procédés qui lui sont propres, construit-il le sujet ? Dès lors que... more
Mercredi de 11 h à 13 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 4 et 11 février, 4, 18 et 25 mars, 1er et 15 avril, 6 et 20 mai 2015

Comment le droit, avec les procédés qui lui sont propres, construit-il le sujet ? Dès lors que l’on aborde cette question dans la longue durée, les notions de « conscience » et de « for interne », formalisées par l’Église à partir du XIIe siècle et marquant toute l’histoire de l’Ancien Régime, apparaissent comme des objets d’analyse privilégiés. Toutefois, l’espace de juridiction ecclésiastique en quoi consiste le for interne ne peut être identifié à la sphère de l'intimité du rapport à soi que les sciences sociales désignent comme le « for intérieur ». Centré sur la primauté de l’acteur en tant que mesure ultime de la régulation sociale, ce dernier renvoie plutôt au processus d’intériorisation des normes et de leur conversion en conduites. Des problématiques chrétiennes de la conscience, soumise au jugement de Dieu et éventuellement opposable au droit, jusqu’aux protections contemporaines de la vie privée, le séminaire tentera d’esquisser par des études de cas une histoire normative de l’intériorité et de la subjectivité.

Organisation Arnaud Fossier (Univ. de Bourgogne), Clément Lenoble (CNRS-CIHAM), Paolo Napoli (EHESS), Julien Théry (Univ. P.-Valéry de Montpellier).

Mercredi 4 mars 2015, première séance. "Droit, conscience, subjectivité : perspectives historiques et enjeux contemporains".
Mercredi 11 mars, deuxième séance : Arnaud Fossier (Univ. de Bourgogne), "Y-a-t-il un for interne au Moyen Âge ?".
Mercredi 25 mars, troisième séance. Antonia Fiori (univ. La Sapienza de Rome), Julien Théry (Univ. P.-Valéry de Montpellier) : "Entre conscience individuelle et réputation : le serment purgatoire".
Mercredi 15 avril, quatrième séance : Jean-Pascal Gay (Univ. de Strasbourg), "Les cas de conscience à l'âge classique".
Mercredi 6 mai, cinquième séance. Albert Ogien (EHESS), "Objection de conscience et désobéissance civile".
Mercredi 20 mai, sixième séance. Paolo Napoli (EHESS), Arnaud Fossier (Univ. de Bourgogne), "Secret, scandale, correction fraternelle : le cas de la pédophilie".
Mercredi 27 mai, septième séance : Jacques Chiffoleau (EHESS), Vinzia Fiorino (Univ. de Pise), "Les impasses de la conscience : le doute, le scrupule, la folie".
Mercredi 6 juin, huitième séance : Synthèse conclusive.
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A Paris : "Les tendances absolutistes et centralisatrices de la monarchie capétienne, qui faisaient figure d’exception dès la fin du Moyen Âge, dérivèrent directement, à bien des égards, du modèle pontifical. Le règne de Philippe le Bel... more
A Paris :
"Les tendances absolutistes et centralisatrices de la monarchie capétienne, qui faisaient figure d’exception dès la fin du Moyen Âge, dérivèrent directement, à bien des égards, du modèle pontifical. Le règne de Philippe le Bel (1285-1314), en particulier, constitua un moment crucial de « pontificalisation » du pouvoir royal, dont les modalités et les conséquences seront étudiées à la lecture de documents produits lors des grands procès politico-religieux des années 1301-1314, en particulier lors de l’affaire du Temple. On montrera comment, lors du procès des templiers, les conseillers du roi de France détournèrent au profit de leur maître les formules rhétoriques, les procédures et la posture théologico-politique des papes « théocrates » du XIIIe siècle".

A Lyon :
"On abordera l’histoire de l’influence ecclésiastique sur les appareils d’État séculiers à partir du Moyen Âge central en étudiant la rhétorique théologico-politique des papes du XIIIe siècle autour des thèmes de l’officium, de la ministérialité du pouvoir suprême et de la plenitudo potestatis légitimée par l’impératif de la défense de la foi, de la nature et du salut commun. Il s’agira de lire et de traduire un choix de lettres d’Innocent III, Grégoire IX, Innocent IV, Clément IV et Boniface VIII où les prétentions théocratiques se donnent libre cours à grand renfort de citations bibliques, d’images et de formules exaltées. On présentera aussi des cas d’imitation de cette rhétorique dans la documentation royale française, en particulier sous le règne de Philippe le Bel".
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Quand il est à Rome, le pape François déjeune chaque jour au milieu de bonnes soeurs dont il partage le modeste repas. Signe de la vie simple qu’il s’est choisie en référence à François d’Assise, dont il fut le premier pape à adopter le... more
Quand il est à Rome, le pape François déjeune chaque jour au milieu de bonnes soeurs dont il partage le modeste repas. Signe de la vie simple qu’il s’est choisie en référence à François d’Assise, dont il fut le premier pape à adopter le patronyme comme pour inaugurer une ère nouvelle. Mais aussi, dit-on, façon de conjurer le risque d’un empoisonnement, tant sa volonté de réforme heurterait les puissants du Vatican… Pour autant, en faire un pape révolutionnaire reviendrait à ne pas saisir à quel point son action est limitée par la doctrine, le fonctionnement des structures de l’Église et les difficultés contemporaines du catholicisme. Si François, professionnel de la communication et habile jésuite, tient tant à un aggiornamento, c’est avant tout pour tenter d'enrayer le recul, aussi rapide que profond, de la foi romaine partout en Occident.
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Religion, Christianity, Sociology of Religion, Canon Law, Theology, and 68 more
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History, Criminology, Criminal Law, Canon Law, Medieval History, and 48 more
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Moore__Lhistoire_dec._2016__2.pdf
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Contient : Dossier 2. Le combat contre les Hohenstaufen et leurs alliés - Présentation - Orientation bibliographique - Document 5. Innocent IV promulgue une sentence de déposition de l’empereur Frédéric II devant le concile universel... more
Contient : Dossier 2. Le combat contre les Hohenstaufen et leurs alliés
- Présentation
- Orientation bibliographique
- Document 5. Innocent IV promulgue une sentence de déposition de l’empereur Frédéric II devant le concile universel réuni à Lyon (Ad apostolice dignitatis, 17 juillet 1245)
- Document 6. Innocent IV déclare Ezzelino da Romano hérétique et proclame son excommunication (Truculentam, 9 avril 1254)
- Document 7. Décisions d’Urbain IV pour les négociations avec Charles d’Anjou concernant son accession au trône de Sicile et à la dignité sénatoriale de Rome (Dicit Jeremias, 25 avril 1264)
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Contient : Dossier 5. Innocent III et la fiscalité communale imposée au clergé : le cas lombard - Présentation - Orientation bibliographique - Document 23. Innocent III intime l’ordre aux dirigeants des villes de Lombardie de renoncer à... more
Contient : Dossier 5. Innocent III et la fiscalité communale imposée au clergé : le cas lombard
- Présentation
- Orientation bibliographique
- Document 23. Innocent III intime l’ordre aux dirigeants des villes de Lombardie de renoncer à taxer les clercs et les églises sous peine de sanctions canoniques (""Expectavimus", 16 avril 1203)
- Document 24. Innocent III ordonne aux prélats de Lombardie de résister désormais sans faillir aux tentatives des communes urbaines pour taxer les églises et le clergé ("Tacti sumus"", même date)
- Document 25. Innocent III prend des sanctions canoniques contre la ville de Bergame et ses dirigeants, coupables d’atteinte à la liberté ecclésiastique ("Ascendit ad nos", 16 décembre 1203)
- Document 26. Innocent III fait lever l’interdit et les excommunications lancés contre les Bergamasques et leur cité, où ces sanctions canoniques ont endurci les opposants à l’Église et favorisé les activités des hérétiques ("Per litteras", 5 avril 1209)
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Contient : Dossier 7. Le Siège apostolique et la hiérarchie ecclésiastique en Italie - Présentation - Orientation bibliographique - Document 33. Alexandre IV élève la « terre » de L’Aquila au rang de cité épiscopale ("Pure fidei... more
Contient : Dossier 7. Le Siège apostolique et la hiérarchie ecclésiastique en Italie
- Présentation
- Orientation bibliographique
- Document 33. Alexandre IV élève la « terre » de L’Aquila au rang de cité épiscopale ("Pure fidei claritate", 22 décembre 1256)
- Document 34. Clément IV recommande les hommes de L’Aquila à Charles d’Anjou pour la fidélité dont ils ont fait preuve ("Tuam non latet", 15 novembre 1268)
- Document 35. Urbain IV ordonne à l'évêque de Trente de réformer son comportement personnel et son gouvernement, dont la mauvaise renommée lui sont parvenus ("Accepimus", 28 janvier 1264)
- Document 36. Deux juges royaux de Brindisi certifient qu’un médecin a déclaré l’archevêque de Brindisi inapte, pour des raisons de santé, à se rendre à la Curie pour y comparaître dans le cadre d’une procédure d’enquête lancée contre lui par Grégoire X (4 août 1273)
- Document 37. Vidimus d’une lettre de Grégoire X ordonnant des auditions de témoins dans le cadre d’une enquête contre l'archevêque de Brindisi (7 juillet 1274)
- Document 38. Benoît XII ordonne au recteur du Patrimoine de saint Pierre en Tuscie de mener une enquête sur des malversation financières imputées par la commune renommée à l'évêque de Sienne Donosdeo de’ Malavolti ("Nuper ad nostri", 22 avril 1338)
- Document 39. Benoît XII casse l’élection de l'évêque de Trente Nicola faite par le chapitre cathédral avant de le nommer au même siège en vertu de la réserve apostolique ("Apostolatus officium", 3 juillet 1338)
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Contient : Dossier 9. L’hommage de Bologne à Boniface VIII : la statue du palazzo della Biada - Présentation - Orientation bibliographique - Document 43. Le Conseil du Peuple de Bologne délibère pour la commande d’une statue à l’effigie... more
Contient : Dossier 9. L’hommage de Bologne à Boniface VIII : la statue du palazzo della Biada
- Présentation
- Orientation bibliographique
- Document 43. Le Conseil du Peuple de Bologne délibère pour la commande d’une statue à l’effigie de Boniface VIII (15 juillet 1300)
- Document 44. Le Conseil du Peuple de Bologne délibère à nouveau pour la commande d’une statue à l’effigie de Boniface VIII (28 octobre 1300)
- Document 45. La statue de Boniface VIII par le maître orfèvre Manno di Bandino, placée en février 1301 sur la façade du palazzo della Biada de Bologne
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Contient : Dossier 11. Expérience italienne et norme inquisitoriale - Présentation - Orientation bibliographique - Document 52. Innocent III équipare le crime d’hérésie et le crime de lèse-majesté ("Vergentis in senium", 25 mars 1199) -... more
Contient : Dossier 11. Expérience italienne et norme inquisitoriale
- Présentation
- Orientation bibliographique
- Document 52. Innocent III équipare le crime d’hérésie et le crime de lèse-majesté ("Vergentis in senium",  25 mars 1199)
- Document 53. Innocent III décide de la répartition des biens confisqués aux hérétiques dans le Patrimoine de saint Pierre ("Ad eliminandam",  23 septembre 1207)
- Document 54. Innocent IV organise la répression des hérétiques dans le cadre des communes urbaines italiennes  ("Ad extirpanda",  15 mai 1252)
- Document 55. Innocent IV confirme la destruction de toutes les maisons, y compris des tours, où auront été trouvés des hérétiques ("Cum in constitutionibus",  29 juillet 1254)
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Le Livre des sentences de Bernard Gui recueille 940 décisions de justice rendues par ce célèbre inquisiteur de Toulouse entre 1308 et 1323. A cette époque, les mouvements hérétiques de Languedoc étaient en déclin et subissaient de plein... more
Le Livre des sentences de Bernard Gui recueille 940 décisions de justice rendues par ce célèbre inquisiteur de Toulouse entre 1308 et 1323. A cette époque, les mouvements hérétiques de Languedoc étaient en déclin et subissaient de plein fouet la répression. Les extraits ici traduits donnent un aperçu des méthodes de l’Inquisition, mais aussi des caractéristiques de chacun des trois principaux groupes de contestataires poursuivis dans le Midi : « bons hommes amis de Dieu » ou « bons chrétiens » (que l’on a pris l’habitude aujourd’hui d’appeler improprement « cathares »), « Pauvres de Lyon » ou vaudois, enfin béguins et partisans des franciscains Spirituels. Ces sources éclairent d’une lumière crue l’histoire des persécutions contre les anticléricaux et les évangélistes languedociens qui s’efforcèrent de résister à l’ordre théocratique de l’Église romaine.
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La figure d’Innocent III, pape de 1198 à 1216, apparaît exceptionnelle à tout point de vue. Le rôle de ce pontife fut crucial tant pour l’ouverture d’une période marquée, au plan géo-politique, par les prétentions du Siège apostolique à... more
La figure d’Innocent III, pape de 1198 à 1216, apparaît exceptionnelle à tout point de vue. Le rôle de ce pontife fut crucial tant pour l’ouverture d’une période marquée, au plan géo-politique, par les prétentions du Siège apostolique à exercer un gouvernement théocratique supérieur de la Chrétienté que pour le lancement d’une « révolution pastorale » qui allait durablement marquer l’histoire religieuse et sociale de l’Occident. Prenant la suite du Cahier de Fanjeaux consacré à la Réforme grégorienne, le présent volume réexamine à la lumière des travaux les plus récents la place tenue dans l’histoire politico-religieuse du Midi, à l’extrême fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, par celui qui fut assurément l’un des papes les plus importants de l’histoire de l’Église. La dénonciation du péril hérétique, la confiscation des terres de la maison de Saint-Gilles et la Croisade albigeoise figurent, bien sûr, parmi les principaux sujets abordés. Ils ont été traités en relation avec la conception générale du pouvoir pontifical et les contestations qu’il pouvait rencontrer. Il en est de même pour la politique d’Innocent III à l’égard de l’épiscopat méridional, son attitude concernant les cisterciens, le nouvel ordre fondé par saint Dominique et les formes de vie évangélique cultivées par certains laïcs, ou encore sa position à l’égard des juifs.
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Jacques Duèse, originaire de Cahors, évêque de Fréjus puis d’Avignon avant d’accéder au trône de Pierre sous le nom de Jean XXII, installa durablement la papauté dans la cité des bords du Rhône. Le midi de la France tient une place... more
Jacques Duèse, originaire de Cahors, évêque de Fréjus puis d’Avignon avant d’accéder au trône de Pierre sous le nom de Jean XXII, installa durablement la papauté dans la cité des bords du Rhône. Le midi de la France tient une place importante dans l’histoire mouvementée de son long pontificat (1316-1334). Les vingt articles de ce volume des Cahiers de Fanjeaux contribuent au renouvellement actuel des études sur ce personnage controversé et sur son époque. Ils abordent, entre autres, la place prise par les Méridionaux (notamment les Quercynois) à la Curie et dans le personnel du gouvernement pontifical, les procès criminels intentés par le pape contre les évêques de Cahors et d’Aix-en-Provence, le regain d’activité inquisitoriale en Languedoc ou encore le statut des juifs. Une place particulière est faite à la question de la pauvreté franciscaine et des « Spirituels » (souvent originaires du Midi) qui furent rejetés dans l’hérésie à la suite des décisions du pape. Deux modèles de sainteté mis en avant par Jean XXII sont examinés – l’un bien connu, celui de l'évêque de Toulouse Louis d’Anjou, l’autre presque entièrement ignoré jusqu’ici, celui du frère Prêcheur Martin Donadieu de Carcassonne.
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La présence des établissements de réguliers (c’est-à-dire de moines ou d’autre religieux soumis par leurs vœux à des règles de vie communautaires) a profondément marqué les formes, le paysage et l’histoire des villes du Midi médiéval –... more
La présence des établissements de réguliers (c’est-à-dire de moines ou d’autre religieux soumis par leurs vœux à des règles de vie communautaires) a profondément marqué les formes, le paysage et l’histoire des villes du Midi médiéval – tout particulièrement à partir du XIIe siècle, qui vit s’épanouir la civilisation urbaine. Les vingt contributions de ce 44e volume des Cahiers de Fanjeaux abordent la question aussi bien du point de vue de l’histoire religieuse que de l’histoire urbaine. En toute logique, une place de choix est faite aux ordres mendiants, notamment aux Franciscains et aux Dominicains (sans oublier leurs branches féminines). Bénédictins, Cisterciens, Hospitaliers, Templiers ou encore chanoines de Saint-Ruf ne sont pas pour autant négligés. Parmi les très nombreuses villes évoquées, celles d’Aix-en-Provence, Avignon, Moissac, Montpellier, Narbonne, Rodez et Toulouse font l’objet d’une attention particulière. Les aspects étudiés sont multiples, de la chronologie des vagues d’implantations au repli intra muros de nombreuses communautés pendant la Guerre de Cent Ans, des logiques spatiales à la pastorale et à la piété urbaines, de l’architecture aux relations avec les autorités municipales. Un CD-ROM riche de 163 cartes, plans, dessins et photographies accompagne ce volume.
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Ce 43e volume des Cahiers de Fanjeaux fait porter sur les pays du Midi au Moyen Âge l'étude d'un thème majeur de la recherche historique depuis plus de trente ans. Les quinze articles ici réunis analysent aussi bien les liens de parenté... more
Ce 43e volume des Cahiers de Fanjeaux fait porter sur les pays du Midi au Moyen Âge l'étude d'un thème majeur de la recherche historique depuis plus de trente ans. Les quinze articles ici réunis analysent aussi bien les liens de parenté et les pratiques de l'alliance que les mots pour dire le groupe familial, les modèles et les mythes qui président aux représentations, à partir d'une documentation variée (canons des conciles, hagiographie, traités de généalogie ou d'éducation, chroniques, littérature épique, sermons, testaments, contrats de mariage ou registres d'Inquisition...). De la Provence à la Catalogne, du Toulousain à la ville d'Avignon au temps des papes, sont ici abordés, entre autres, le rôle fondamental des prescriptions ecclésiastiques, les formes de la parenté et les stratégies d'alliance dans la noblesse, dans le monde juif ou en milieu universitaire, les aspects démographiques, l'assistance à l'enfance abandonnée, l'éducation des jeunes filles, la place des personnes âgées, ou encore la conception du mariage qui prévalait chez les hérétiques et l'influence des liens familiaux pour l'adhésion aux mouvements de dissidence religieuse.
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Au Moyen Age, dans le Midi de la France comme dans le reste de la Chrétienté, les gens d’Église sont quotidiennement confrontés à l’exercice de la justice, à l’intérieur même des groupes qu’ils constituent (monastères, couvents,... more
Au Moyen Age, dans le Midi de la France comme dans le reste de la Chrétienté, les gens d’Église sont quotidiennement confrontés à l’exercice de la justice, à l’intérieur même des groupes qu’ils constituent (monastères, couvents, chapitres), au sein des communautés qu’ils administrent spirituellement, dont ils assurent le regimen (paroisses, diocèses), mais très souvent aussi dans les seigneuries ou les principautés dont il sont les maîtres temporels et sur lesquelles ils exercent, parfois depuis très longtemps, un pouvoir proprement politique. La justice, cette vertu cardinale, qui retient tant les théologiens, dont les juristes essaient de toujours mieux définir les contours et les implications pratiques, et qui se trouve aussi au cœur de la plupart des ouvrages de pastorale, est donc pour eux une vertu incarnée. Mais sa pratique dépend nécessairement d’une multiplicité d’héritages, de positions théoriques, de situations locales. Le 42e colloque de Fanjeaux voudrait se livrer à l’étude de ces multiples formes des justices d’Église dans les pays méridionaux entre le XIIe et le XVe siècle, à l’analyse de leurs objets variés, de leur cohabitation éventuelle, des espaces juridictionnels complexes qu’elles délimitent, des fructueux échanges d’expériences qu’elles permettent. Tout en accordant un grande importance aux rivalités qui ont pu opposer les justices ecclésiastiques aux justices laïques (y compris lorsque ces dernières sont royales ou princières) et en s’efforçant de mieux caractériser les conduites monastiques et épiscopales – mais sans oublier le rôle, évidemment central en Languedoc, de la justice déléguées des inquisiteurs –, on tentera aussi de cerner l’influence des modèles disciplinaires et pénitentiels sur l’exercice des justices temporelles (ecclésiastiques ou laïques), de mesurer l’impact des règles procédurales expérimentée par les clercs sur les pratiques des justices séculières et le poids des doctrines élaborée par les canonistes. Ce que l’on peut espérer alors, dans le cadre des pays méridionaux dont les Cahiers de Fanjeaux éclairent si bien l’histoire depuis plus de quatre décennies, c’est de mieux comprendre le développement et les effets de ce « pluralisme des fors » dont Paolo Prodi, dans un ouvrage récent (Una storia della Giutizia, Bologne, 2000), a fait l’un des traits majeurs de l’histoire de la justice pendant le Moyen Age latin.
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Nés de la croisade, voués à la défense de la Terre sainte ou à la Reconquête de la Péninsule ibérique, les ordres religieux militaires ont établi des réseaux d’établissements loin des lieux de combat contre les Infidèles, dans tout... more
Nés de la croisade, voués à la défense de la Terre sainte ou à la Reconquête de la Péninsule ibérique, les ordres religieux militaires ont établi des réseaux d’établissements loin des lieux de combat contre les Infidèles, dans tout l’Occident médiéval, à partir du XIIe siècle. Ce volume est consacré à la riche histoire de ces ordres en Languedoc et en Provence, tout en proposant aussi quelques incursions du côté de l’Espagne. La part belle est faite aux deux plus importants d’entre eux, le Temple et l’Hôpital Saint-Jean de Jérusalem, pour lesquels les pays du Midi furent des régions d’implantation privilégiées, mais les chevaliers teutoniques ne sont pas oubliés. Nombreux sont les aspects de la vie des ordres ici abordés : la place des femmes en leur sein, leur rôle dans l’encadrement religieux des populations, leurs relations avec les comtes de Toulouse, leur contribution à l’émergence de l’art gothique… sans oublier les épisodes méridionaux du fameux procès contre les Templiers.
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Présentation Le chapitre cathédral d’Albi est le seul de la France méridionale a avoir conservé une série successive d’obituaires qui permet de suivre concrètement, depuis le milieu du Moyen Âge jusqu’à leur extinction au début du... more
Présentation

Le chapitre cathédral d’Albi est le seul de la France méridionale a avoir conservé une série successive d’obituaires qui permet de suivre concrètement, depuis le milieu du Moyen Âge jusqu’à leur extinction au début du XVIIIe siècle, l’évolution des pratiques de commémoration des défunts au sein de ce chapitre cathédral, mais aussi de retrouver au fil des temps les chanoines et les familles bourgeoises de la ville qui ont choisi pendant un temps la cathédrale et ses chapelles comme lieu de sépulture, avant de se détourner vers d’autres communautés plus concurrentielles, comme les jacobins, les cordeliers ou les carmes. L’édition intégrale des textes est complétée par d’importantes notes biographiques, une liste des évêques d’Albi, plusieurs index (noms de personne et de lieu, matières), qui en font un instrument de travail de premier ordre sur la société albigeoise aux derniers siècles du Moyen Âge.
À Orléans, en 1022, des hérétiques furent envoyés au bûcher pour la première fois dans l’histoire de l’Occident. Au cours des deux siècles qui suivirent, un mécanisme fut progressivement instauré, qui allait perdurer bien au-delà du Moyen... more
À Orléans, en 1022, des hérétiques furent envoyés au bûcher pour la première fois dans l’histoire de l’Occident. Au cours des deux siècles qui suivirent, un mécanisme fut progressivement instauré, qui allait perdurer bien au-delà du Moyen Âge : certaines personnes étaient désormais identifiées comme des ennemies de la société chrétienne et exposées, dans certaines circonstances, à diverses formes de répression, jusqu’au supplice par le feu. À la suite de la Croisade albigeoise (1209-1229), avec la création de l’inquisition, commença la persécution systématique de ceux que l’on accusait, à tort ou à raison mais toujours en déformant leurs idées et leurs pratiques, de ne pas adhérer pleinement à la doctrine catholique. Robert I. Moore reprend ici à nouveau frais l’histoire de tous les épisodes d’hérésie entre le XIe et le XIIIe siècle, de l’Occitanie aux pays du Rhin, de l’Italie aux Flandres et à l’Angleterre, en les replaçant dans leurs contextes socio-politiques. Bien des idées reçues se trouvent remises en cause, à commencer par le dualisme imputé aux supposés « cathares » et l’existence d’une contre-Église clandestine. Mais la « guerre à l’hérésie » se révèle avoir été au cœur de la transformation générale de la société et des pouvoirs, c'est-à-dire de la naissance de l’Europe, au Moyen Âge central.
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History, Political Philosophy, Social Sciences, Medieval History, Catholic Studies, and 45 more
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Michelle ARMSTRONG-PARTIDA, "Clerical Marriage and Priestly Masculinity in Fourteenth-Century Catalunya". In fourteenth-century Catalunya, Catalan priests formed domestic unions with women that were marriage all but in name. Episcopal... more
Michelle ARMSTRONG-PARTIDA, "Clerical Marriage and Priestly Masculinity in Fourteenth-Century Catalunya".

In fourteenth-century Catalunya, Catalan priests formed domestic unions with women that were marriage all but in name. Episcopal visitation records from the diocese of Girona, Barcelona, Vic, and Urgell show that parish clergy were able to meld a family and a household with their profession in spite of the Church’s prohibition against clerical marriage. The fact that so many clergymen were promoted through the holy orders to become parish priests and still managed to form de facto marriages and support their children indicates that although the standards of the medieval Church had changed since the Gregorian period, the customs of parish clergy had not. Countless clergymen defied orders to expel their women and set aside their families, regardless of the threats of excommunication and repeated episcopal fines that were inconsistently applied to the clerical population. Judging from the number of priests who persisted in these de facto marriages, the financial burden was ultimately tolerable not only because clergymen were emotionally attached to their families, but also since the role of a paterfamilias, who ruled a household with a wife and children, was central to their masculinity. It was not merely proof of sexual activity or evidence of offspring that conferred masculine status in the parishes of late medieval Catalunya. Priests established marital households because medieval society defined adult male masculinity as one in which a man advanced to take on the role of husband and father.
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Michelle ARMSTRONG-PARTIDA, "Mariage clérical et masculinité sacerdotale dans la Catalogne du XIVe siècle".

Dans la Catalogne du XIVe siècle, les prêtres de paroisse formaient avec des femmes des unions qui avaient tout du mariage, sauf le nom. Les archives des visites épiscopales des diocèses de Gérone, Barcelone, Vic et Urgell montrent qu’ils étaient en mesure de concilier leurs familles et leurs maisonnées avec leur profession, en dépit des prohibitions édictées par l’Église à l’encontre du mariage clérical. Le fait que tant d’ecclésiastiques reçus dans les ordres sacrés pour devenir prêtres de paroisse aient cependant pu s’engager dans des mariages de facto et entretenir leurs enfants indique que même si les normes de l’Église avaient changé depuis la réforme grégorienne, tel n’était pas le cas des coutumes du bas-clergé. D’innombrables hommes d’Église passaient outre aux ordres de se défaire de leurs femmes et de leur familles, malgré les menaces d’excommunication et les amendes épiscopales répétées qui s’appliquaient, sans régularité toutefois, à la population cléricale. À en juger par la grande quantité de prêtres qui persistaient dans ces mariages de facto, la charge financière des amendes était en définitive tolérable, non seulement parce que ces hommes d’Église étaient émotionnellement attachés à leurs familles, mais aussi parce que le rôle de paterfamilias placé à la tête d’un foyer avec femme et enfants avait une importance centrale du point de vue de leur masculinité. Ce n’étaient pas simplement la preuve d’une activité sexuelle et l’existence d’une progéniture qui conféraient le statut masculin dans les paroisses de Catalogne à la fin du Moyen Âge. Les prêtres fondaient des foyers parce que la masculinité adulte, telle que la société médiévale la définissait, impliquait d’endosser les rôles de mari et de père.
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John ARNOLD, Sexuality and Shame in the Midi : Sins of the Flesh and Public Opinion, 13th and 14th Centuries The received idea of a sexually repressive Middle Ages rests upon ideas of private shame and public honour and dishonour. A... more
John ARNOLD, Sexuality and Shame in the Midi : Sins of the Flesh and Public Opinion, 13th and 14th Centuries

The received idea of a sexually repressive Middle Ages rests upon ideas of private shame and public honour and dishonour. A contrasting story of the period emphasizes unkempt, uncivilized and unrestrained behaviour, involving randy priests, bawdy troubadours, and a generally more relaxed attitude to public nudity and sex. The southern French punishment for adultery – beating the guilty couple through the streets, whilst unclothed – gestures uneasily in both directions at once. This article re-examines how adultery was treated in civic statutes for the south in the 12th and 13th centuries, contrasting the public punishment for adultery with the public penances imposed for heresy. It turns then to two civic court records from fourteenth-century Cordes to investigate attitudes toward sexual misbehaviour and reputation. In so doing, the article asks how much influence the Church’s perspective had on lay attitudes and practices; whether sexual acts were innately ‘private’ and were thus policed by being rendered shameful if made ‘public’; and, ultimately, whether we see, in this time and place, a controlling discourse in regard to ‘sexuality’ – or something that should be read through a more ‘civic’ lens regarding public morality.

John ARNOLD, Sexualité et déshonneur dans le Midi (XIIIe-XIVe siècles) : les péchés de la chair et l’opinion collective.

L’idée reçue d’un Moyen Âge sexuellement répressif repose sur les idées de honte privée et d’honneur et déshonneur publics. Une image opposée met en scène des comportements relâchés, sauvages et hors de contrôle, avec des prêtres lubriques, des troubadours grivois et une attitude générale assez tolérante à l’égard de la nudité publique et du sexe. Le châtiment de l’adultère pratiqué en France méridionale – la flagellation du couple coupable dénudé à travers les rues – ne vient facilement soutenir ni l’une ni l’autre de ces deux versions. Cet article réexamine la façon dont l’adultère était traité dans les statuts municipaux du Midi aux XIIe et XIIIe siècles, en mettant en contraste le châtiment des amants pris en faute avec les pénitences publiques imposées pour hérésie. Les archives de deux tribunaux de Cordes au XIVe siècle sont ensuite mises à contribution pour l’étude des attitudes face à l’inconduite sexuelle et concernant la réputation. Ce faisant se trouve posée la question du degré d’influence du point de vue ecclésiastique sur les attitudes et les comportements laïcs, et celle de savoir si les actes sexuels étaient tenus pour « privés » par nature et ainsi contrôlés par l’effet de la honte lorsqu’ils étaient rendus « publics ». Y-a-t-il en définitive, dans cette région et à cette époque, un discours de contrôle sur la « sexualité » – ou quelque chose à interpréter en fonction d’une vision plus « civique » de la moralité publique ?
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Mark G. PEGG, « 'A Demon in My Belly'. Cortezia, Amour, et hérésie avant la Croisade albigeoise ». In 1222 a pregnant adolescent girl named na Aimerzens Viguier was mocked by two « good women » for having a demon in her belly. The « good... more
Mark G. PEGG, « 'A Demon in My Belly'. Cortezia, Amour, et hérésie avant la Croisade albigeoise ».

In 1222 a pregnant adolescent girl named na Aimerzens Viguier was mocked by two « good women » for having a demon in her belly. The « good women » (or « good ladies ») were fugitive heretics and their insult was recalled by na Aimerzens two decades later for the inquisition in Toulouse. In the twelfth century there was no « heresy of the good women » or « heresy of the good men » between the Garonne and Rhône. Indeed, there were no heretics anywhere in Latin Christendom in the twelfth century, Waldensians included, if by that category we mean any individual purposely choosing to be labelled as hereticus or knowingly putting themselves at risk of persecution and punishment on account of what they believed or practiced. Of course, there were feverish accusations of heresy polluting the lands of the count of Toulouse by Latin Christian intellectuals in the twelth century, but such polemics, while sometimes efforts at explaining actual phenomena, were not, as modern scholars all too frequently read them, journalistic reportage. This does not mean I do not take such polemics seriously, I just do not think accusations of heresy, however sincerely believed by those making them, is the same as heresy actually existing as a historically verifiable entity. Moreover, accusations of heresy between the Garonne and the Rhône in the twelfth century rarely focused on the good men and and good women, the targets being counts, bishops, abbots, wandering preachers, hermits and mercenaries. This diverse landscape of “heresy” is lost when we read backwards from the thirteenth century. This essay evokes the world of the good men and good women before the Albigensian Crusade, when they embodied cortezia, when they were not yet heretics, ultimately suggesting what it meant for an adolescent girl to be mocked in a time of holy war for having a demon in her belly.

Mark G. PEGG, « 'Un démon dans mon ventre'. Cortezia, amour, hérésie avant la Croisade albigeoise ».

En 1222, deux « bonnes femmes » se moquèrent d’une adolescente enceinte dénommée na Aimerzens Viguier en lui disant qu’elle avait un démon dans le ventre. Ces « bonnes femmes » (ou « bonnes dames ») étaient des hérétiques fugitives et leur injure fut rapportée par Amerzens devant l’inquisition à Toulouse deux décennies plus tard. Il n’y avait pas d’« hérésie des bonnes femmes » ou d’« hérésie des bons hommes » au XIIe siècle entre Garonne et Rhône. Mieux, il n’y avait pas d’hérétiques où que ce fût dans la Chrétienté latine de cette époque, même en tenant compte des vaudois, si la catégorie « hérétique » regroupe des individus qui choisissent en toute connaissance de cause d’être étiquetés comme heretici ou prennent consciemment le risque d’encourir persécution et châtiment en raison de ce qu’il croient ou font. Bien sûr, il y eut au XIIe siècle de fiévreuses accusations d’hérésie de la part d’intellectuels chrétiens latins, mais de tels discours polémiques, même s’ils représentaient parfois des efforts pour expliquer les phénomènes réels, n’étaient pas les équivalents, comme les historiens les considèrent trop souvent, de reportages journalistiques. Ceci ne signifie pas que je ne prenne pas au sérieux ces discours. Simplement, je ne crois pas que des accusations d’hérésie, si sincères soient-elles de la part de ceux qui les formulent, soient la même chose que l’hérésie réellement existante, comme entité historiquement vérifiable. Qui plus est, les accusations d’hérésie entre Garonne et Rhône au XIIe siècle siècle étaient rarement centrées sur les bons hommes et les bonnes femmes : les cibles étaient des comtes, des évêques, des abbés, des prédicateurs itinérants, des ermites et des mercenaires. Cette physionomie hétérogène de « l’hérésie » n’apparaît plus si l’on jette un regard rétrospectif en se plaçant au XIIIe siècle. Cet article évoque le monde des bons hommes et des bonnes femmes avant la Croisade albigeoise – dans lequel ils incarnaient la cortezia et n’étaient pas encore hérétiques – pour finalement suggérer ce que pouvait signifier, pour une adolescente, d’être moquée, à une époque de guerre sainte, parce qu’elle portait un démon dans son ventre.
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Robert I. Moore, Celibacy, Marriage and Reform: the problem in the Midi. Hermits and holy men and women were present and influential everywhere in eleventh- and twelfth-century Europe, but treated as heretics only rarely, and in... more
Robert I. Moore, Celibacy, Marriage and Reform: the problem in the Midi.
Hermits and holy men and women were present and influential everywhere in eleventh- and twelfth-century Europe, but treated as heretics only rarely, and in exceptional circumstances. Yet comparison between (for example) those of Anglo-Norman England in the 1130s and ‘40s and the « good men » and « good women » of the Midi in the later twelfth and early thirteenth centuries suggests that their spirituality and social demeanour were in essence very similar, though very differently perceived and recorded. It is argued here that the difference in their fates is to be accounted for not by the religiosity of the ‘Cathars’ but by the diverging social and governmental trajectories of the midi and northern Europe in the twelfth century, and especially in the failure of the church to forge an alliance with the nobility of the region through the new structures of marriage and sexuality on which the success of the Gregorian reforms elsewhere were founded.

Robert I. Moore, Célibat, mariage et réforme : le problème dans le Midi
Les ermites, les saints hommes et les saintes femmes étaient présents et exerçaient une influence à peu près partout dans l’Europe des XIe et XIIe siècles, mais ils ne furent traités comme hérétiques que rarement et dans des circonstances exceptionnelles. Pourtant, la comparaison entre (par exemple) ceux de l’Angleterre anglo-normande des décennies 1130 et 1140 et les bons hommes et bonnes femmes du Midi à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle suggère que leur spiritualité et leur place sociale étaient pour l’essentiel très semblables, quoique perçues, puis gardées en mémoire, de façons très différentes. On soutient ici que la divergence de destin entre les uns et les autres ne s’explique pas par le type de religion des « cathares », mais par la divergence des trajectoires sociales et gouvernementales du Midi et de l’Europe septentrionale au XIIe siècle – tout spécialement par l’incapacité de l’Église à passer une alliance avec la noblesse de la région par le biais des nouvelles structures du mariage et de la sexualité sur lesquelles, ailleurs, le succès de la réforme grégorienne se fonda.
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European History, French History, Social Sciences, Medieval History, French Studies, and 42 more
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Mark Gregory PEGG, Innocent III, les « Pestilentiels Provençaux » et le paradigme épuisé du catharisme. Jusqu’au début de ce siècle, presque tous les historiens considéraient que les « pestilentiels Provençaux » contre lesquels Innocent... more
Mark Gregory PEGG, Innocent III, les « Pestilentiels Provençaux » et le paradigme épuisé du catharisme.
Jusqu’au début de ce siècle, presque tous les historiens considéraient que les « pestilentiels Provençaux » contre lesquels Innocent III lança la « Croisade albigeoise » était des sectateurs du « catharisme ». Il est clair désormais, pour ceux qui veulent bien le voir, que le catharisme n’a jamais existé, sinon comme paradigme tenace inventé à la fin du XIXe siècle par les historiens de la religion et de l’hérésie au Moyen Âge. Le fait que tant de grands savants aient cru au catharisme pendant plus d’un siècle en témoigne : cette invention fin-de-siècle relevait du génie. Mais il est troublant que soient encore si nombreux ceux qui adhèrent à cette fiction. La question est d’une importance cruciale, car lorsque les historiens ne parviennent pas à comprendre en quoi le catharisme fut une invention de la science historique moderne, ils ne parviennent pas non plus à saisir l’invention médiévale de l’hérésie par les intellectuels de la Chrétienté latine tout au long du XIIe et au début du XIIIe siècle. La « réalité » des « pestilentiels Provençaux » fut effectivement inventée par Innocent III et par trois générations au moins de prédicateurs et de polémistes (le plus souvent des cisterciens). Le fait qu’il s’agît d’une invention ne la rendit pas moins réelle pour le pape ou pour les croisés qui entreprirent le pèlerinage guerrier en Toulousain. Mais cela signifie que la « réalité » des hommes, des femmes et des enfants étiquetés « pestilentiels » n’était ni la peste infecte décrite dans les accusations pontificales, ni l’illusion savante du catharisme. C’est seulement en prenant conscience des relations complexes entre ces différentes réalités, et spécialement des liens enchevêtrés entre la construction médiévale de l’hétérodoxie et la construction moderne du catharisme, que l’on peut commencer à comprendre la politique d’Innocent III et l’histoire de l’hérésie entre Garonne et Rhône.

Mark Gregory PEGG, Innocent III, Pestilential Provençals, and the Obsolete Paradigm of Catharism.
Until the beginning of this century almost all scholars assumed the « pestilential Provençals » against whom Innocent III unleashed the « Albigensian Crusade » were followers of the heresy of “Catharism ». What is now clear, for those willing to see, is that Catharism has never existed, except as an enduring paradigm invented by late nineteenth-century historians about religion and heresy in the Middle Ages. It is a testament to the brilliance of this fin-de-siècle fabrication that so many great scholars believed in Catharism for more than a century. It is more troubling that so many scholars keep believing in this fiction. Crucially, when historians fail to comprehend that Catharism was an invention of academic modernism, they fail to comprehend the medieval invention of heresy by Latin Christian intellectuals throughout the twelfth and into the early thirteenth centuries. The “reality” of the “pestilential Provençals” was actually invented by Innocent III and at least three generations of (mostly Cistercian) preachers and polemicists. The fact that it was an invention makes it no less real for the pope or for the crusaders undertaking martial pilgrimages into the Toulousain. What it does mean is that the “reality” of the men, women, and children labelled “pestilential Provençals” was neither the fetid plague of papal accusation or the scholarly illusion of Catharism. It is only by acknowledging the complex relationship between these various realities, especially the tangled connection between the medieval construction of heterodoxy and modern construction of Catharism, that we can even begin to understand Innocent III and heresy between the Garonne and the Rhône.
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Organisation David Carpenter (KCL), Matthew Champion (Birkbeck), Johanna Dale (UCL), David d'Avray (UCL), Serena Ferente (KCL), Andrew Jotischky (RHUL), Patrick Lantschner (UCL), Cornelia Linde (German Historical Institute), Sophie Page... more
Organisation David Carpenter (KCL), Matthew Champion (Birkbeck), Johanna Dale (UCL), David d'Avray (UCL), Serena Ferente (KCL), Andrew Jotischky (RHUL), Patrick Lantschner (UCL), Cornelia Linde (German Historical Institute), Sophie Page (UCL), Eyal Poleg (QMUL), Miri Rubin (QMUL), John Sabapathy (UCL), Alex Sapoznik (KCL), Alice Taylor (KCL), Marie Legendre (SOAS).
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Toronto, 5-11 August 2012.
Edited by Joseph Goering, Stephan Dusil and Andreas Thier
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History, Medieval Philosophy, Medieval History, Early Modern History, History of Christianity, and 35 more
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Contemplata aliis tradere. Lo specchio letterario dei frati Predicatori
Roma, 23-27 gennaio 2017
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Giornata di studi su “Scomunica e interdetto nelle città del tardo medioevo: percezione ed impatto delle sanzioni canoniche nelle chiese toscane del Due e del Trecento” organizzata dal Centro studi sul Tardo medioevo in collaborazione... more
Giornata di studi su
“Scomunica e interdetto nelle città del tardo medioevo: percezione ed impatto delle sanzioni canoniche nelle chiese toscane del Due e del Trecento”

organizzata dal Centro studi sul Tardo medioevo in collaborazione con il Dipertimento di Scienze storiche e dei beni culturali dell'università di Siena
Coordinamento scientifico di Michele Pellegrini
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"Crudelis" is the most important of a series of tracts written by Philip the Fair's main counselor for ecclesiastical affairs, Guillaume de Nogaret, to justify his own action against Pope Boniface VIII at Anagni (7-8 September 1303).... more
"Crudelis" is the most important of a series of tracts written by Philip the Fair's main counselor for ecclesiastical affairs, Guillaume de Nogaret, to justify his own action against Pope Boniface VIII at Anagni (7-8 September 1303). Dated between the end of July and 12 September 1304, this lenghty auto-apology was printed only once, in Pierre Dupuy's Histoire du Différend"" (1655), without the necessary critical apparatus, an it never was closely examined by historians. This paper will be based on a new edition of the text from the autograph manuscript kept in the Trésor des chartes at the Archives Nationales (AN J 492/802). One finds in "Crudelis", I shall suggest, most of the themes, arguments, rhetorical figures and biblical or legal references used in other texts written by Nogaret, especially in the following years with regard to the Templars' affair. I will thus hopefully contribute to the discussion, in which Elizabeth A. R. Brown's profound studies are of paramount importance,  of this extraordinary figure and its crucial role in the great confrontation of the french Monarchy and the Papacy.
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L'histoire des mouvements hérétiques apparus au Moyen Âge central dans l'Occident latin est bouleversée, depuis une vingtaine d'années, par la remise en cause radicale des méthodes et des présupposés qui ont présidé à son écriture depuis... more
L'histoire des mouvements hérétiques apparus au Moyen Âge central dans l'Occident latin est bouleversée, depuis une vingtaine d'années, par la remise en cause radicale des méthodes et des présupposés qui ont présidé à son écriture depuis le XIXe siècle. Avec les analyses d'historiens français réunis autour de Monique Zerner à partir du milieu des années 1990, puis celles de Mark G. Pegg et Robert I. Moore, s'est affirmée une lecture "constructionniste", qui tire de la critique des sources l'idée générale selon laquelle les hérésies n'ont pas préexisté aux initiatives des élites qui les ont définies et réprimées. Les persécutions apparaissent désormais structurellement liées, d'une part, aux concurrences au sein des groupes dirigeants et, d'autre part, à la prise de contrôle des communautés par de nouveaux pouvoirs : elles s'avèrent indissociables du grand essor des institutions politiques centralisées aux XIIe et XIIIe siècles. Des premiers bûchers, allumés sur ordre du roi Robert le Pieux en 1022 à Orléans, à la persécution des templiers lancée par Philippe le Bel en 1307, en passant par la première mise à mort d'un large groupe d'hérétiques, décidée par Henri II Plantagenêt à Oxford en 1166, les pouvoirs séculiers sont tout aussi impliqués que l'Eglise. Sans éluder les vives controverses qui ont accompagné le changement de perspective, on présentera ses enjeux non seulement historiographiques et épistémologiques, mais aussi politiques.
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History, Medieval History, Medieval Studies, Inquisition, Medieval Ecclesiastical History, and 37 more
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On présentera le cahiers des charges, la problématique et les problèmes techniques d'une base de données textuelles vouée à réunir la plus grande quantité possible de lettres pontificales émises pendant le millénaire médiéval, à partir... more
On présentera le cahiers des charges, la problématique et les problèmes techniques d'une base de données textuelles vouée à réunir la plus grande quantité possible de lettres pontificales émises pendant le millénaire médiéval, à partir des éditions effectuées depuis le XVIe siècle. L'entreprise, lancée il y a quelques mois, bénéficie d'un financement du PALSE (Programme d'avenir Lyon Saint-Etienne de l'Université de Lyon) pour l'année 2016-2017.
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Au pays de la « séparation », une division outrancière des tâches entre l'État et l'Église a malheureusement relégué l'étude de cette dernière au rayon d'une histoire religieuse le plus souvent coupée des visées et des méthodes en... more
Au pays de la « séparation », une division outrancière des tâches entre l'État et l'Église a malheureusement relégué l'étude de cette dernière au rayon d'une histoire religieuse le plus souvent coupée des visées et des méthodes en sciences sociales. Pourtant, l'objet « Église » est au centre de toute réflexion sociologique depuis les pères fondateurs (spécialement Durkheim et Weber). Ce séminaire s'inscrit dans un cycle de plusieurs années et vient prolonger un programme dont les premiers résultats sont publiés en ligne sur http://cem.revues.org/12743. L'entreprise vise à proposer un « tournant critique » sur la base d'un instrument ad hoc à entrées multiples du type « dictionnaire ». Il ne s'agit pas d'abord d'élaborer un livre « de contenu », comme une histoire de l'Église découpée en articles. Le projet ne se veut pas descriptif mais bien critique, avec notamment deux objectifs : mettre en évidence et discuter les problématiques qui structurent l'institution ecclésiale et ses ramifications, et corrélativement proposer une cartographie des champs relatifs à ce domaine. Il ne s'agit pas de décrire les manifestations de l'Église mais de se concentrer sur sa pensée, sa théorisation au sein d'une histoire intellectuelle, anthropologique et doctrinale, qui relève autant des sciences des religions que des sciences sociales. Classiquement, quand il s'agit de définir l'Église, la tradition reconnaît d'emblée l'ambiguïté du terme, ses sens multiples : c'est cette ambiguïté et sa polyphonie que nous explorons de manière dialectique.
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Présentation L'utilisation de la torture pour extorquer des aveux et obtenir des informations a formé une partie intégrale de la pratique juridique et politique à travers l'histoire – depuis l'enquête menée par OEdipe, aux pratiques... more
Présentation L'utilisation de la torture pour extorquer des aveux et obtenir des informations a formé une partie intégrale de la pratique juridique et politique à travers l'histoire – depuis l'enquête menée par OEdipe, aux pratiques inquisitoriales au Moyen Âge, aux interrogatoires de la CIA à Guantánamo Bay et Abou Ghraib.
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Pour étayer l’hypothèse, que j’ai avancée il y a quelques années, d’un sens mystico-politique sous-jacent à la persécution des templiers lancée par Philippe le Bel et ses conseillers, on mettra en relation des éléments concernant les... more
Pour étayer l’hypothèse, que j’ai avancée il y a quelques années, d’un sens mystico-politique sous-jacent à la persécution des templiers lancée par Philippe le Bel et ses conseillers, on mettra en relation des éléments concernant les aspects suivants : le christocentrisme de la royauté capétienne à partir du début du XIIIe siècle et sa propension à se prétendre titulaire d’une Nouvelle Alliance avec Dieu (en particulier depuis le transfert des reliques de la Passion dans la Sainte Chapelle, « nouvel Arche d’Alliance », sous Louis IX) ; la vogue des prophéties et des traités eschatologiques dans l’Occident latin à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle ; les preuves de l’intérêt particulier porté par les conseillers de Philippe le Bel (en particulier par Guillaume de Nogaret) à la « prophétie des soixante dix semaines » de Daniel, 9, 24-27, et, notamment, à l’interprétation de cette prophétie dans les écrits d’Arnau de Villeneuve ; la prégnance des motifs bibliques de la Destruction du Temple , de l’Antéchrist et de l’Alliance dans les textes rédigés par des membres de l’entourage du Capétien non seulement au cours de l’affaire du Temple, mais aussi dans le cadre d’autres conflits avec la papauté à la même époque – en particulier à l’occasion des procès pour hérésie intentés contre Boniface VIII avant et après sa mort (1303-1312).
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Lisbonne_Programe_VII_Encontro.pdf
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« Le Seigneur dit : ‘La clameur contre Sodome et Gomorrhe monte, leur péché est immense. Je descendrai pour voir s’ils ont effectivement agi comme la clameur qui est venue jusqu’à moi l’indique, ou s’il n’en est pas ainsi, pour que je... more
« Le Seigneur dit : ‘La clameur contre Sodome et Gomorrhe monte, leur péché est immense. Je descendrai pour voir s’ils ont effectivement agi comme la clameur qui est venue jusqu’à moi l’indique, ou s’il n’en est pas ainsi, pour que je sache’ ». Ces deux versets de la Genèse, abondamment cités dès le temps des Pères, ont une place particulière dans l’histoire de l’enquête judiciaire. Grégoire le Grand, dans ses Moralia in Job (XIX, 25), les citait seulement pour souligner la nécessité d’éviter les sentences hâtives, prises sans examen ni débat, sur la seule foi de la rumeur. Ils furent ensuite allégués aux mêmes fins dans un texte des Fausses décrétales attribué au pape Évariste, repris par Réginon de Prüm dans ses Libri de synodalibus causis puis dans le Décret de Gratien (C.2 q.1 c.20). C’est Innocent III qui investit ce passage scripturaire d’une valeur nouvelle en l’invoquant dans la décrétale Qualiter et quando (1206), puis dans le canon du même nom, 8e du concile de Latran IV (X, 5, 1, 24), au moment d’instituer les règles de la procédure inquisitoire romano-canonique. Les déclarations de Dieu à l’intention d’Abraham sur la façon dont il vérifierait la culpabilité des habitants de Sodome avant de les châtier venaient ici justifier avec toute l’autorité nécessaire une innovation procédurale choquante pour les juristes, car contraire à la tradition du procès comme actus trium personarum : l’auto-saisine du juge et, partant, une faculté d’évaluation de l’opportunité des poursuite qui constituait une première forme de notre actuel « ministère public ». Le juge supérieur était en effet autorisé désormais à ouvrir une enquête de vérité sans qu’aucune démarche intervienne de la part d’un accusateur ou d’un dénonciateur, sur la seule constatation de l’existence d’une « clameur » ou fama (quasi fama denunciante). Les deux anges par l’intermédiaire desquels Dieu, dans le chapitre 19 de la Genèse (1-14), met à exécution sa promesse de « descendre » pour prendre connaissance de la situation à Sodome devinrent ainsi les figures par excellence des enquêteurs mandatés par le pape – puis, bientôt, des juges investis de pouvoirs supérieurs non seulement par le Siège apostolique, mais par aussi les souverains séculiers.
A partir du pontificat d’Innocent III, le formulaire des mandements d’enquête pontificaux et, bientôt, celui de toutes les justices ecclésiastiques reprirent des mots issus de Gn 18, 20-21 – tout particulièrement les verbe descendere et videre – en les agençant au gré de variations rhétoriques. La plupart des hautes juridictions séculières commencèrent à faire de même dès le XIIIe ou au XIVe siècle. En France, à partir de Philippe le Bel au plus tard, la référence à l’épisode biblique passa même du champ judiciaire à celui des ordonnances de réforme : leur formulaire invoquait la « clameur » ou la fama montées jusqu’au roi, lesquelles étaient toujours censées avoir suscité une enquête préalable aux décisions nouvellement adoptées.
Tout en retraçant plus en détail, avec de nombreux exemples, l’histoire du descendam et videbo dans les textes laissés par les diverses pratiques d’enquête, on proposera un réflexion sur la place implicite revêtue par la répression des crimes de Sodome et Gomorrhe dans l’élaboration des attributs propres au gouvernement souverain.
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Après trois années à la tête de l’Eglise, le premier pape non européen jouit d’une image particulièrement positive, qui l’oppose à la figure sévère de son prédécesseur immédiat Benoît XVI (2005-2013), mais le distingue aussi nettement de... more
Après trois années à la tête de l’Eglise, le premier pape non européen jouit d’une image particulièrement positive, qui l’oppose à la figure sévère de son prédécesseur immédiat Benoît XVI (2005-2013), mais le distingue aussi nettement de Jean-Paul II (1978-2005). Réputé pour sa bonté, immensément populaire, ce dernier n’en est pas moins considéré comme un pontife conservateur, tandis que François est présenté comme un homme beaucoup plus ouvert à la modernité. Ses prises de position dans la plupart des domaines - concernant les questions de morale sexuelle, le statut des divorcés, le célibat sacerdotal, la réforme de la Curie ou encore les grands problèmes sociaux et politiques - le font souvent passer pour un pape non seulement réformateur, mais progressiste, voire "de gauche".
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Premio_M._Sbriccoli__Projet_de_recherches.pdf
Premio_M._Sbriccoli__Programma_di_ricerche.pdf
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A cura di Laura Andreani e Agostino Paravicini Bagliani. Nei giorni 10-12 novembre 2016, l’Opera del Duomo di Orvieto in collaborazione con la SISMEL ha riunito studiosi di teologia e antropologia politica per approfondire il tema del... more
A cura di Laura Andreani e Agostino Paravicini Bagliani.
Nei giorni 10-12 novembre 2016, l’Opera del Duomo di Orvieto in collaborazione con la SISMEL ha riunito studiosi di teologia e antropologia politica per approfondire il tema del rapporto tra Cristo e il potere, che è al centro della teologia politica medievale e moderna, almeno dagli studi di Ernst H. Kantorowicz sulle Laudes regiae in poi. Il convegno ha messo a confronto le modalità – concettuali, metaforiche, rituali, oltre che politiche e istituzionali – che hanno indotto le varie sovranità medievali a porsi in riferimento a Cristo, «Re dei re e Signore dei signori» (Ap 19, 16). Per comprendere le varie strategie fondate su questa complessa cristomimesi, partendo da studi che possono essere considerati come rappresentativi, un’attenzione particolare è stata rivolta alle sovranità universali (Bisanzio, Impero, Papato), ad alcune sovranità regali (Sicilia, Francia, Inghilterra, Napoli, Portogallo, Castiglia), alle corti ducali della Borgogna e di Casa Savoia, oltre che ad aspetti storico-artistici legati a vicende culturali e politiche della cattedrale orvietana.
From the 10th to 12th November 2016, the Opera of the Duomo of Orvieto together with the SISMEL has gathered high-level scholars of theology and political anthropology to deepen the topics about the relationship between Christ and power, which is at the center of medieval and modern political theology, at least starting from the
studies of Ernst H. Kantorowicz on Laudes regiae forwards. The meeting has compared the modes – conceptual, metaphorical, ritual, as well as political and institutional – that have induced the various medieval sovereignties to refer to Christ «King of the kings and Lord of lords» (Ap 19, 16). To undertake the various strategies based on this complex Christomimesis, starting with studies that can be considered representative, special attention has been given to universal sovereignties (Byzantium, Empire, Papacy), to some kingdoms (Sicily, France, England, Naples, Portugal, Castile), to the ducal courts of Burgundy and Savoy, as well as to historical-artistic aspects linked with cultural and political events of the Orvietan cathedral.
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Medieval Philosophy, Medieval History, Historical Theology, History of Christianity, Medieval Studies, and 46 more
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Au Moyen Âge, dans le Midi de la France comme dans le reste de la Chrétienté, l'Église a exercé des pouvoirs de justice non seulement sur les clercs, mais aussi sur les laïcs, et pas seulement pour les matières spirituelles (mariage,... more
Au Moyen Âge, dans le Midi de la France comme dans le reste de la Chrétienté, l'Église a exercé des pouvoirs de justice non seulement sur les clercs, mais aussi sur les laïcs, et pas seulement pour les matières spirituelles (mariage, paiement de la dîme, discipline chrétienne, déviances dans la foi...), puisque les prélats et les communautés ecclésiastiques détenaient aussi des pouvoirs temporels, politiques, sur de nombreux territoires et y exerçaient donc des fonctions judiciaires à titre de seigneurs.

Les quatorze contributions du présent volume étudient les multiples formes prises par ces justices d’Église en Languedoc et en Provence depuis le temps de la réforme grégorienne, où les juridictions ecclésiastiques semblent avoir pris leur autonomie plus lentement qu'ailleurs (entre le XIe et le XIIIe siècle), jusqu'à la fin de Moyen Age, où elles connurent un certain repli du fait de la progression des juridictions capétienne et angevine.
Sont abordés, entre autres, les rivalités et complémentarités avec les justices laïques, notamment communales, les questions juridiques, le développement de la distinction des fors, sans oublier l'histoire des tribunaux d'Inquisition de l'hérésie.
From the 10th to 12th November 2016, the Opera of the Duomo of Orvieto together with the SISMEL has gathered high-level scholars of theology and political anthropology to deepen the topics about the relationship between Christ and... more
From the 10th to 12th November 2016, the Opera of the Duomo of Orvieto together
with the SISMEL has gathered high-level scholars of theology and political anthropology
to deepen the topics about the relationship between Christ and power, which
is at the center of medieval and modern political theology, at least starting from the
studies of Ernst H. Kantorowicz on Laudes regiae forwards. The meeting has compared
the modes – conceptual, metaphorical, ritual, as well as political and institutional –
that have induced the various medieval sovereignties to refer to Christ «King of the
kings and Lord of lords» (Ap 19, 16).
To undertake the various strategies based on this complex Christomimesis, starting
with studies that can be considered representative, special attention has been given
to universal sovereignties (Byzantium, Empire, Papacy), to some kingdoms (Norman,
France, England, Naples, Portugal, Castile), to the ducal courts of Burgundy and
Savoy, as well as to historical-artistic aspects linked with cultural and political events
of the Orvietan cathedral
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Colloque organisé par l’UMR 5648 – CIHAM, en collaboration avec l’École française de Rome, l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (CNRS/EHESS), l’Institut universitaire de France, le CERHIC EA 2616 (Université de... more
Colloque organisé par l’UMR 5648 – CIHAM, en collaboration avec
l’École française de Rome, l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (CNRS/EHESS), l’Institut universitaire de France, le CERHIC EA 2616 (Université de Reims) et le CRIHAM EA 4270 (Universités de Limoges et de Poitiers)
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Le cycle de recherches collectives Fulmen a pour objet l'histoire des sanctions (ou censures) spirituelles dans la tradition chrétienne (excommunications, interdit, suspense), des origines à nos jours. En étudiant le fonctionnement et les... more
Le cycle de recherches collectives Fulmen a pour objet l'histoire des sanctions (ou censures) spirituelles dans la tradition chrétienne (excommunications, interdit, suspense), des origines à nos jours. En étudiant le fonctionnement et les usages de ces « censures », dont les attendus théologiques et les formes juridiques sont demeurées très stables depuis le Moyen Âge, c'est le régime des relations entre le religieux et le politique dans le temps long de l'histoire occidentale que l'on souhaite éclairer. Le présent colloque, premier du cycle, vise à poser d'emblée un horizon comparatif par une confrontation avec les caractères de la contrainte religieuse dans les traditions hébraïques et musulmanes, de façon à mieux dégager les spécificités du christianisme – tout en soulignant celles du judaïsme et de l'islam. On mettra donc en parallèle les formes du nidduy (exclusion temporaire) et du h'erem (mise à l'écart radicale) juifs, celles du takfîr (déclaration de mécréance) musulman, et celles de l'excommunication (principalement catholiques, mais également protestantes et orthodoxes). La notion d'hérésie et les phénomènes de violence religieuse seront nécessairement pris en considération, comme formes et débouchés extrêmes de la condamnation spirituelle. Une telle démarche demeure assez rare, aussi bien dans le champ historiographique que dans celui des études religieuses. Plusieurs publications récentes ont certes tenté une comparaison des concepts assimilables à celui d'« hérésie » dans les trois monothéismes abrahamiques. Les modalités de la condamnation religieuse ont également fait l'objet d'un regain d'attention ces dernières années pour l'Occident médiéval et pour l'islam – mais de façon séparée. L'approche comparative générale, telle qu'elle est tentée ici, constitue un pari nouveau. Deux grands axes organiseront la réflexion. Le premier considérera les formes et degrés d'intensité de l'usage des sanctions dans l'exercice du gouvernement religieux, en relation avec les divers degrés de sophistication du fonctionnement de ces sanctions – le principal point de repère historique étant « l'âge d'or du gouvernement par les sanctions spirituelles » que représentent les XII e-XIV e siècles en Occident. Même si la Chrétienté latine a connu au second Moyen Âge une diffraction du pouvoir de lancer des sanctions canoniques, la forte centralisation institutionnelle de l'Église catholique contribue probablement à expliquer la place spéciale prise par ces instruments de gouvernement, tandis que les mondes hébraïques et musulmans sont marqués par la pluralité des autorités et par des régimes de relation différents entre médiateurs (« clergés ») et simples fidèles. Le second axe envisagera les situations actuelles, dans la vie religieuse (et politique) des sociétés contemporaines. L'approche en terme de « traditions », c'est-à-dire d'héritages constamment réinterprétés, permet une mise en perspective historique pertinente des situations contemporaines : radicalisations politiques de l'islam, crise actuellement suscitée au sein de l'Église catholique par la « modernisation » via l'accès aux sacrements de fidèles en situation d'irrégularité, fragmentation du judaïsme. Colloque du programme international de recherche FULMEN 8-9 octobre 2018, MSH Lyon-Saint-Étienne (Lyon 7 e)
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