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Sarah  Cordonnier
  • Institut de la Communication
    Université Lumière Lyon 2
    5, av. Pierre Mendès-France
    69676 Bron Cedex
Être confronté au «territoire», c’est rencontrer les rationalités les plus dissemblables (techniques, politiques, médiatiques, pratiques…); c’est faire avec la pluralité des échelles (du local au global) et des temporalités (de l’immédiat... more
Être confronté au «territoire», c’est rencontrer les rationalités les plus dissemblables (techniques, politiques, médiatiques, pratiques…); c’est faire avec la pluralité des échelles (du local au global) et des temporalités (de l’immédiat au temps long); c’est entrer dans la dynamique croisée des espaces, des identités, des discours et des représentations.
L’ouvrage propose une réflexion collective sur la constitution du «territoire» en objet de recherche communicationnel. Les textes réunis se penchent sur des objets aussi divers que les Smart Cities, la presse locale, les aventures de Tintin, la médiation patrimoniale, ou la balade urbaine. Plutôt que d’assujettir le territoire en repliant sa densité sémantique, nous maintenons sa complexité en nous préoccupant des circonscriptions politiques des territoires et de leur arraisonnement par des savoirs pluriels, experts et profanes.
Les outils critiques que nous proposons viennent ainsi nourrir la compréhension contemporaine de la fabrique symbolique du territoire, à destination des chercheurs comme des acteurs de la ville.
Le témoin, le témoignage, l’action de témoigner, sont largement sollicités dans les sciences humaines et sociales, qu’il s’agisse d’accéder à des informations biographiques, d’observer la dynamique des situations de production, d’examiner... more
Le témoin, le témoignage, l’action de témoigner, sont largement sollicités dans les sciences humaines et sociales, qu’il s’agisse d’accéder à des informations biographiques, d’observer la dynamique des situations de production, d’examiner des dispositifs sociotechniques de collecte, d’archivage et de restitution, ou encore d’interroger l’épaisseur du discours sur soi et ses évolutions dans le temps. Ces formes variées de sollicitation tendent à être pensées séparément au motif qu’elles supposent des méthodes de recueil et d’analyse distinctes qui se développent préférentiellement dans telle ou telle discipline.
C’est à l’inverse dans une perspective pluridisciplinaire, transversale, et proche des opérations menées sur le terrain, que cet ouvrage interroge l’heuristique du témoignage : tout en s’appuyant sur des données empiriques et des ressources théoriques très diverses, les auteurs participent à la construction d’une réflexion collective portant sur l’articulation complexe entre trajectoire et témoignage (les relations entre expérience vécue, mémoire, production d’un récit sur soi, dispositifs et circulation) et, dans le même temps, sur la trajectoire du témoignage dans l’enquête (ses reprises et ses métamorphoses dans le cours de la recherche qui le mobilise).
Ainsi se dessine un cadre épistémologique, théorique et méthodologique, mais aussi politique, qui se manifeste dans une série de décisions prises au cours de chaque enquête, mais que nous pouvons aussi partager entre chercheurs, au-delà des différences disciplinaires.

Sommaire

Introduction. Le témoignage, affaire scientifique, forme culturelle
Sarah Cordonnier. Équipe de recherche de Lyon en sciences de l’Information et de la Communication (ELICO), Université Lumière Lyon 2

Première partie. Entrer dans l’épaisseur de la situation d’entretien

Aux alentours de la parole : questions sur un terrain inachevé
Agnès Martial. Centre Norbert Elias, EHESS Marseille
Quand un(e) interviewé(e) raconte son souvenir de l’inondation. Une mise en récit qui interroge la légitimité à raconter et à questionner
Élodie Levasseur et Valérie Haas. Groupe de Recherche en Psychologie Sociale (GRePS), Université Lumière Lyon 2
Dialogues et réflexivités dans l’enquête : le témoignage comme espace d’intersubjectivité
Mélodie Faury. Docteur en Sciences de l’information et de la communication

Deuxième partie. Polychrésie, les circulations du témoignage

Témoigner : une disposition ? Profil, trajectoire et pratiques d’auteurs de récits généalogiques
Chantal Rodet. Centre Max Weber, Université Catholique de Lyon
Le passage du témoin : enquête et rencontres au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation
Joëlle Le Marec. CERILAC, axe EMOI, Université Paris Diderot

Troisième partie. Dispositifs contraignants, témoins contraints, et interstices

De l’accueil de paroles accidentées à la construction de la situation clinique : mobilisation des savoirs cliniques, place de la parole et statut de la communication dans la psychiatrie d’urgence
Jérôme Thomas. Centre d’études et de recherche sur les emplois et la professionnalisation (CEREP), Université de Reims Champagne-Ardenne
Entre la Nation et l’Europe – la muséalisation des témoins
Sarah Czerney. Herder-Institut Marburg
L’écriture de soi en ses formes numériques : le journal intime saisi par le réseau
Oriane Deseilligny. Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur les Processus d’Information et de Communication (GRIPIC), CELSA, Université Paris Sorbonne

Quatrième partie. Le travail du témoignage, écritures et mises en sens

Trajectoire biographique et parcours mémoriel : l’ouverture de Shoah
Martin Goutte. Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel (IRCAV), Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
« L’homme à la fin sorti de l’ancien labyrinthe ». Jorge Semprún : le basculement d’une trajectoire et la réécriture de soi
Raphaël Delarge. Professeur agrégé d’histoire
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Social sciences in the art centre: contemporary art institution and convening of knowledge The book reports the observation of social science knowledge uses, outside their sphere of production, that is, according to other criteria,... more
Social sciences in the art centre: contemporary art institution and convening of knowledge

The book reports the observation of social science knowledge uses, outside their sphere of production, that is, according to other criteria, depending on another context: that of contemporary art. The examination of the conditions of production of this other socio-discursive context allow to show how these criteria are collective, and are specific.

The first part of the book is introductory. It first questions the conditions of observation of the social sciences in other discourses and practices (Chapter 1), being understood that social sciences can be described as a set of practices intended to produce knowledge about man in society in various ways depending on disciplines, approaches, problems, but always based on the amount of knowledge already developed. The chapter 2 presents and discusses a first set of results from the lexical observation of social sciences in contemporary art in a corpus of texts circulating during ten exhibitions. The identification and quantitative treatment allow to describe a “landscape” of social sciences and to establish its “mapping”, differentiating three disciplines (sociology, anthropology and philosophy), whose mobilization depends on both factors which are specific to the disciplines and factors which are specific to the artistic field.
The second part of the book is dedicated to the identification of these latter factors, with the assumption that the different types of sciences mobilization depend on the conditions of enunciation in contemporary art (understood as a regular and collective set of discourses and practices) as well as the differentiated positions of discourse producers in this domain. The chapter 3, by the parallel operated between the practices and the discourses of art exhibition actors, highlights the ways according to which the discourse make disparate practices coherent or, conversely, hide homogeneity (criteria for selecting artists, relative uniformity of the display…). Hence, the chapter 4 identifies three uses of the exhibition that play in differentiated ways the relations between practices, discourses and enunciative modalities of contemporary art: an exhibition of contemporary art is a medium for communication to undifferentiated recipients. It also has a performative character in the sense that it represents and indicates the “artisticity” of what is displayed (which gives it an important role in recognition of actors: artists, curators, critics, directors of institutions). It is finally the mode of making an artistic archive, both in common sense and in the meaning given to that term by Foucault (1969), it is the entry point into the memory or the history of art, a origin to material traces that will stay (and in this sense, while complying with, it reaffirms the rules of discourse, or some of these rules, those only who perpetuate). Because of the importance of the exhibition, the context in which it takes place (exposure places) is also to be considered carefully. The chapter 5 therefore focuses on institutions (mainly art centres) whose observation can explain the collective practices that “make” contemporary art, the process of contemporary art institutionalizing and the ambivalence of this process. It provides tools for locating singular statements and practices.
The third part is dedicated to the uses of the social sciences in contemporary art. The chapter 6 discusses the direct and explicit relationships between contemporary art and social sciences (in artist training, in scientific literature on the subject), not to establish a (proper endless) list or a typology of mobilization but to locate and contextualize the mobilization of the social sciences in the “normal” artistic discourse.
The chapter 7 then come back with a qualitative analysis to the corpus requested in chapter 2. Artists are the central actors there, they act as “spokesmen of the art”, they embody processes collectively defined and accepted into the exhibition. Their work, their methods, their goals are presented in a similar way in all the texts but if the rules governing speech do not vary, they do not prohibit the variation in the mobilization of social sciences: depending on the position of artists, organizers, exhibition institutions, there is a partition in the solicitation of these exogenous discourses between exhibitions “for the public” (more numerous explicit references, but often rhetorical) and exhibitions of “Artists for artists” (more accurate, more informed, and thus less noticeable uses).


L’ouvrage rend compte de l’observation des usages des savoirs des sciences humaines en dehors de leur sphère d’élaboration, c’est-à-dire selon d’autres critères, dépendant d’un autre contexte : celui de l’art contemporain. L’examen des conditions de production de cet autre ensemble socio-discursif permet de montrer en quoi ces critères sont collectifs, et lui sont spécifiques.

La première partie de l’ouvrage a une visée introductive. Elle interroge d’abord les conditions de l’observation des sciences humaines dans d’autres discours et pratiques (chapitre 1), étant entendu que les sciences humaines peuvent être décrites comme un ensemble de pratiques destinées à produire des connaissances sur l’homme en société, sous plusieurs de ses aspects selon les disciplines, approches, problématiques, mais en s’appuyant toujours sur la somme des connaissances déjà élaborées. Le chapitre 2 présente et discute une première série de résultats issus de l’observation lexicale « des sciences humaines dans l’art contemporain » dans un corpus de textes circulant à l’occasion de dix expositions. Le repérage et le traitement quantitatif permettent de décrire un « paysage » des sciences humaines puis d’en établir la « cartographie » en différenciant trois disciplines (sociologie, anthropologie et philosophie), dont la mobilisation dépend de facteurs propres aux disciplines et à leur publicisation  et de facteurs propres au champ artistique.
C’est à l’identification de ces derniers qu’est consacrée la seconde partie de l’ouvrage, avec l’hypothèse que les différents types de mobilisation des sciences humaines dépendent des conditions d’énonciation propres à l’art contemporain (entendu comme  un ensemble de discours et de pratiques réguliers, collectifs) ainsi que des positions différenciées des producteurs de discours dans ce domaine. Le chapitre 3, par le parallèle opéré entre les pratiques et les discours des acteurs de l’exposition artistique, met en évidence les modalités selon lesquelles le discours vient rendre cohérentes des pratiques disparates (effectivité de la charge critique des productions artistiques, fonctionnement des institutions…) ou, à l’inverse, en masquer l’homogénéité (critères de choix des artistes, uniformité relative du dispositif…). De là, le chapitre 4 identifie trois usages de l’exposition qui font jouer de manière différenciée le rapport entre pratiques, discours et modalités énonciatives de l’art contemporain : l’exposition d’art contemporain est un média s’adressant à des destinataires indifférenciés. Elle a aussi un caractère performatif, dans le sens où elle atteste et signale « l’artisticité » de l’exposé  (ce qui lui donne un rôle considérable dans les enjeux de reconnaissance des acteurs, artistes, comme commissaires, critiques, directeurs d’institutions). Elle est enfin le mode de constitution de l’archive artistique, au sens commun et au sens donné à ce terme par Foucault (1969), elle est le point d’entrée dans la mémoire ou dans l’histoire de l’art à l’origine de traces matérielles qui seules subsisteront (et en ce sens, tout en s’y conformant, elle réaffirme les règles du discours, ou certaines d’entre ces règles seulement, celles qui se perpétuent). Du fait de l’importance de l’exposition, le cadre dans lequel elle prend place (les lieux d’exposition, en tant qu’ils la régissent et la garantissent) est lui aussi à examiner soigneusement. Le chapitre 5 porte donc sur les institutions et sur l’Institution, en s’intéressant essentiellement aux centres d’art dont l’observation permet d’expliciter les pratiques collectives qui « font » l’art contemporain, les processus d’institutionnalisation de l’art contemporain et l’ambivalence de ces processus. Cela donne des outils pour situer des énoncés et des pratiques singuliers.
La troisième partie est consacrée aux usages des sciences humaines dans l’art contemporain. Le chapitre 6 évoque les relations directes et explicites entre art contemporain et sciences humaines (formation des artistes, littérature scientifique sur le thème), non dans la perspective d’établir une liste (proprement interminable) ou une typologie des formes de mobilisation des sciences humaines, mais pour situer et contextualiser la mobilisation des sciences humaines dans le discours artistique « normal ». Le chapitre 7 réexamine ensuite d’une manière qualitative le corpus de textes sollicité au chapitre 2. Les artistes y sont les acteurs centraux, ils y agissent comme « porte-parole de l’art », ils incarnent des procédés collectivement acceptés définis par et dans le dispositif de l’exposition. Leur travail, leurs méthodes, leurs objectifs sont partout présentés de manière similaire mais si les règles énonciatives ne varient pas, elles n’interdisent pas la variation dans la mobilisation des sciences humaines : selon la position des artistes, des organisateurs, des lieux d’exposition, on constate une partition, dans la sollicitation de ces discours exogènes, entre des expositions « pour le public » (références explicites plus nombreuses mais souvent rhétoriques) et des expositions d’« artistes pour artistes » (usages plus précis, plus informés et, par là, moins repérables).
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The academic “internationalization” is a strong injunction, translated into substantial, but poorly structured, promotional and organizational measures. But despite the enormous rise of academic international exchanges, man can hardly... more
The academic “internationalization” is a strong injunction, translated into substantial, but poorly structured, promotional and organizational measures. But despite the enormous rise of academic international exchanges, man can hardly find clearly established frames which would be oriented toward the sharing of knowledge (as if the mere co-presence of people from various backgrounds was enough to provoke this sharing). On the contrary, the very prescriptive accompanying discourses evoke an individual experience of people which are meant to be tourists, cosmopolists, and strategist, but not scholars. That is why the exchanges with and between foreigners is often local, tinkered, sporadic, and leave few traces.
L’“internationalisation” académique est une injonction forte qui se traduit en dispositifs organisationnels et communicationnels conséquents, mais peu organisés. Malgré l’énorme accroissement des échanges académiques internationaux, on ne trouve pas, cependant, de cadres institutionnels et intellectuels clairement établis et explicitement orientés vers le partage des savoirs. Au contraire, les discours d’accompagnement, très prescripteurs, mettent l’accent sur l’expérience, présentée comme singulière, d’individus « touristes », cosmopolites, et stratèges, mais pas étudiants ou chercheurs. Aussi, l’échange scientifique et pédagogique international est souvent local, bricolé, ponctuel, et il laisse peu de traces.
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The article is based on a survey about differentiated ways of constructing memories, held by life story with inhabitants, professionals and/or elected representative of a Urban policy governed territory. The ways of mentioning the media,... more
The article is based on a survey about differentiated ways of constructing memories, held by life story with inhabitants, professionals and/or elected representative of a Urban policy governed territory. The ways of mentioning the media, their content and their roles by the investigated actors allow to analyze the differentiated effectiveness of the work of the media according to properties and resources of the individuals, and in particular according to seniority of attendance of the territory and to their objectification ability. The media narrative informs the remembrance of the territory but it can not be understood without also examining local forms of socialization.

Keywords: operativity of the media, testimony, socialization, territorial identity, Urban policy governed territory


L’article s’appuie sur une enquête sur les modes différenciés de construction des mémoires, menée par récits de pratique auprès d’habitants, professionnels et/ou élus d’un territoire « politique de la ville ». Les modes d’évocation, par les enquêtés des médias, de leurs contenus et de leurs rôles permettent d’analyser l’effectivité différenciée du travail des médias selon les propriétés et les ressources des individus, et en particulier selon l’ancienneté de leur fréquentation du territoire et selon leurs capacités d’objectivation. Le récit médiatique informe le travail de mémoire du territoire mais on ne peut le comprendre sans examiner aussi les formes de socialisation locales.

Mots clés
Opérativité des médias, Témoignage, Socialisation, Identité territoriale, Quartier Politique de la ville
To understand the uses of social sciences in other contexts than those of their production, without preconceptions about the way they are used, the article focuses, from the case of art centers, on the modalities of institutionalization... more
To understand the uses of social sciences in other contexts than those of their production, without preconceptions about the way they are used, the article focuses, from the case of art centers, on the modalities of institutionalization of the contemporary art, postulating that they act on and reveal the collective possibility of appeal to scientific knowledge. One dynamic succeed another: at first a movement of empowerment (being partially inspired by social sciences: historicity, reflexivity…), then a commitment to professionalism emphasizing the rationality of practices and their accessibility. Socio-discursive registers of legitimization thus evolve, and with them the place of the human sciences (researchers, concepts, institutions in contemporary art.

Pour comprendre les usages des sciences humaines dans d’autres contextes que ceux de leur production, sans préconceptions concernant leurs formes de mobilisation, l’article porte, à partir du cas des centres d’art, sur les modalités d’institutionnalisation de l’art contemporain, postulant qu’elles agissent sur et révèlent les possibilités collectives de solliciter les savoirs scientifiques. Deux dynamiques se succèdent : d’abord un mouvement d’autonomisation (s’inspirant en partie des sciences humaines : historicité, réflexivité…), puis une volonté de professionnalisation mettant en avant la rationalité des pratiques et leur accessibilité. Les registres sociodiscursifs de légitimation évoluent donc, et avec eux la place des sciences humaines (chercheurs, concepts, institutions) dans l’art contemporain.


Ciencias socials y institucionalización, el caso de los centros de arte
Para entender los usos de las ciencias sociales en otros contextos que los de su producción, sin ideas preconcebidas acerca de sus formas de movilización, el artículo enfoca, desde el caso de los centros de arte, en las modalidades de institucionalización del arte contemporáneo, postulando que que actúan sobre y revelan las posibilidades colectivas de solicitar el saber científico. Se suceden dos dinámicas: primero un movimiento de autonomización (inspirándose en parte en ciencias sociales: historicidad, reflexividad…), luego una voluntad de profesionalización haciendo hincapié en la racionalidad de las prácticas y su accesibilidad. Registros socio-discursivos de legitimación cambian entonces, y con ellos el sitio de las ciencias sociales (investigadores, conceptos, instituciones en arte contemporáneo.

Mots clés : Sciences humaines, art contemporain, Centre d’art, institutionnalisation, légitimité
Key words: Social Sciences, contemporary art, art center, institutionalization, legitimacy
Palabras clave: ciencias sociales, Arte Contemporáneo, centro de arte, institucionalización, legitimidad
What can we “see” of social sciences ? After discussing the difficulties there are in identifying them the speeches and practices of exhibited contemporary art, the paper presents and defends a social-discursive approach, considering a... more
What can we “see” of social sciences ? After discussing the difficulties there are in identifying them the speeches and practices of exhibited contemporary art, the paper presents and defends a social-discursive approach, considering a set of articulated and contextualized elements, via the description, analysis and comparison of two exhibitions. This approach allows us to reconstruct the differentiated uses of social sciences in their complexity, depending on the characteristics of the artist and the exhibition place.

Keywords
exhibition, contemporary art, social sciences, social-discursive method"


"Que peut-on « voir » des sciences humaines ? Après avoir discuté les difficultés de les identifier dans d’autres discours et d’autres pratiques, ceux de l’art contemporain exposé, l’article présente et défend, par la description, l’analyse et la comparaison de deux expositions, une approche sociodiscursive prenant en considération un ensemble d’éléments articulés et contextualisés. Cette démarche permet de restituer dans leur complexité les modalités différenciées d’usage des sciences humaines selon les caractéristiques de l’artiste et du lieu d’exposition.

Mots clés
exposition, art contemporain, sciences humaines, méthode sociodiscursive"""
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In a corpus of narratives from inhabitants, professionals and/or elected representative of a particular urban area, a lot of acronyms have been used by the respondents. Depending on the attributes of these as well as on the communication... more
In a corpus of narratives from inhabitants, professionals and/or elected representative of a particular urban area, a lot of acronyms have been used by the respondents. Depending on the attributes of these as well as on the communication situation, the use of such acronyms is more or less naturalized or reflexive. Consequently they allow noticing how the people interviewed run positions in relation with their effective and exposed expertise and knowledge, and also allow analysing construction within the interaction of the various positions of “legitimate witness”.

Keywords
Acronyms, memory, lexicalisation, competence, legitimacy


Dans un corpus de récits mémoriels d’habitants, professionnels et/ou élus d’un territoire relevant de la Politique de la ville, de nombreux sigles sont utilisés par les enquêtés. Selon les propriétés de ces derniers et la situation de communication, leur usage est plus ou moins naturalisé ou réflexif. Ils permettent ainsi d’observer l’économie des positions des enquêtés et d’analyser la construction, dans l’interaction, des différentes postures de « témoin légitime ».

Mots clés
sigle, mémoire, lexicalisation, compétence, légitimité

Dentro de un corpus de relatos memoriales de habitantes, profesionales o de electos de un territorio asociado a la Política urbana, un numéro importante de siglas son utilizadas por las personas objetos de encuestas. Segun las propriedades de estos y la situación de comunicación, su recurso está más o menos neutralizado o es reflexivo. Permiten observar la economía de las posiciones de las personas interrogadas durante las encuestas y analizar la constucción, en la interacción, de las différentes posturas de « testigo legítimo ».

Palabras claves
sigla, memoria, lexicalización, competencia, legitimidad""
The political rationalization of the territorialized cultural action comes along with redefinitions of the legitimacy of the local forms of intervention. Its lived stakes are genealogically analyzed, in the individual and collective... more
The political rationalization of the territorialized cultural action comes along with redefinitions of the legitimacy of the local forms of intervention. Its lived stakes are genealogically analyzed, in the individual and collective scale, in a series of life story interviews where the generation, the successive positions and the local commitment in the field of culture of the investigated actors are considered.
The reasons of the territorial actors with a practical experience, initiating actions of cultural socialization bound to the educational utopia of the "culture for all" are compared with those of the elected representatives and/or experts of the public policies governed by stakes in fame of the Commune and in the visibility of the cultural operations.

Key words: culture, Urban policy, municipal policy, memories, suburb, life story interviews


La rationalisation politique de l’action culturelle territorialisée s’accompagne de redéfinitions de la légitimité des formes d’intervention locales. Ses enjeux vécus sont analysés généalogiquement, à l’échelle individuelle et collective, dans une série de récits de vie où sont considérés la génération, les positions successives et l’engagement local dans le champ de la culture des acteurs enquêtés.
Les raisons des acteurs de terrain à l’initiative d’actions de socialisation culturelle liées à l’utopie éducative de la « culture pour tous » sont comparées à celles des élus et/ou experts des politiques publiques régies par des enjeux de notoriété de la commune et de visibilité des opérations culturelles.

Mots-clé : culture, Politique de la ville, politique municipale, mémoire, banlieue, récit de vie

Utopías culturales, políticas normativas y memorias de un territorio (Les Minguettes en Vénissieux)

Palabras clave : cultura, Políticas urbanas, política municipal, memoria, suburbio, historias de vida

La racionalización política de la acción cultural territorial se acompaña de redefiniciones de la legitimidad de las formas locales de intervención. Las experiencias ligadas a estas apuestas son analizadas genealogicalmente, a escala tanto individual como colectiva, a partir de una serie de historias de vida (análisis donde son considerados la generación, las posiciones sucesivas y el compromiso local en el campo de la cultura de los actores entrevistados).
Las razones de los actores de terreno habiendo iniciado acciones de socialización cultural vinculadas a la utopía educativa de la "cultura para todos" son comparadas con las de representantes electos y/o expertos de las políticas públicas, regidas según principios de notoriedad del municipio y de visibilidad de las operaciones culturales.
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Cet article porte sur les enjeux de l’édition au sein des centres d’art, lieux de production d’expositions d’art contemporain. Au-delà d’un accompagnement des expositions, d’une publication « événementielle » et ponctuelle, l’édition des... more
Cet article porte sur les enjeux de l’édition au sein des centres d’art, lieux de production d’expositions d’art contemporain. Au-delà d’un accompagnement des expositions, d’une publication « événementielle » et ponctuelle, l’édition des centres d’art s’inscrit dans la durée, comme mémoire des expositions qui, elles-mêmes, constituent l’art. Une approche de l’histoire collective de ces publications et des régularités de leur objet (les artistes auxquels sont consacrées des monographies) permet de repérer des éléments d’identification de l’art, des artistes et des centres d’art à destination interne et externe au champ artistique. Ces éléments sont envisagés à l’aide du concept d’archive et du concept d’énonciation éditoriale afin de saisir, par-delà les dimensions collectives, l’espace des positions énonciatives où s’inscrit et s’affirme la hiérarchie des légitimités des centres d’art, des artistes et des auteurs des textes insérés dans les publications.
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Dang Vu Hélène, Olivier Ratouis, Bernard Bensoussan, Sarah Cordonnier, « Universités et métropoles : Stratégies croisées ou constructions parallèles ? », in Campagnac-Ascher Elisabeth (dir.), Économie de la connaissance : Une dynamique... more
Dang Vu Hélène, Olivier Ratouis, Bernard Bensoussan, Sarah Cordonnier, « Universités et métropoles : Stratégies croisées ou constructions parallèles ? », in Campagnac-Ascher Elisabeth (dir.), Économie de la connaissance : Une dynamique métropolitaine ?, Éditions du Moniteur, Collection POPSU, Paris, 2015, p. 237-262
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Cordonnier Sarah, « Introduction. Le témoignage, affaire scientifique, forme culturelle », in Cordonnier Sarah (dir.), Trajectoire & témoignage. Pour une réflexion pluridisciplinaire, Éditions des Archives Contemporaines, Paris, 2015, p.... more
Cordonnier Sarah, « Introduction. Le témoignage, affaire scientifique, forme culturelle », in Cordonnier Sarah (dir.), Trajectoire & témoignage. Pour une réflexion pluridisciplinaire, Éditions des Archives Contemporaines, Paris, 2015, p. 1-23
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Within the framework of a synthesis on Deleuze and the writers, Gilles Deleuze’s relation to the American literature and philosophy and, in return, Anglo-American uses of Deleuze, are essential themes. Gilles Deleuze has indeed widely... more
Within the framework of a synthesis on Deleuze and the writers, Gilles Deleuze’s relation to the American literature and philosophy and, in return, Anglo-American uses of Deleuze, are essential themes. Gilles Deleuze has indeed widely requested and praised American authors, and he belongs to French philosophers having benefited from a great popularity in the United States.
This is why one of the sections of the book, in which fits the chapter summarized here, is entitled “On the superiority of the English-American literature”. In this context where are highlighted explicit, “obvious” topics and issues about intercultural and interdisciplinary relations, I worked closer to the practices and the discursive productions – in this case, a small but representative corpus of two Anglo-American books (a monograph and a collective work, both dated 2003) staging or involving the relations between Deleuze and literature.
My socio-discursive analysis helps showing bibliographical, conceptual, thematical and also ethical or political regularities constituting the Anglo-American "Deleuze and literature". The analysis takes place in the articulation of two domains, the specificity of the mobilization of Deleuze in the Anglo-American context and the specificity of the use of this thought in its relation and its possible applications to the literary field.
The resort to Deleuze in the Anglo-American university literary field cannot be explained by Deleuze’s comments on the American literature, nor by the university context or by the philosophic tradition, but is “nourishing of itself" through the editorial game of production of texts on Deleuze and through the university game of the reference who constitute a specific Anglo-American deleuzian culture. But the authors from the corpus attempt to restore (or to establish) a “useful” Deleuze, that is to say a Deleuze reinvested in a new textual and intellectual production, in contemporary (or “postmodern”) questionings.


Dans le cadre d’un ouvrage de synthèse portant sur Deleuze et les écrivains, le rapport de Gilles Deleuze à la littérature et à la philosophie américaines et, en retour, les usages anglo-américains de Deleuze, sont des thématiques essentielles. Gilles Deleuze a en effet largement sollicité et loué des auteurs américains, et il fait partie des philosophes français ayant bénéficié d’une popularité importante aux États-Unis.
C’est pourquoi l’une des sections de l’ouvrage, dans laquelle s’insère le chapitre résumé ici, s’intitule « De la supériorité de la littérature anglaise-américaine ». Dans ce contexte où sont mis en avant les thèmes et enjeux explicites, « évidents », des relations interculturelles et interdisciplinaires, j’ai travaillé au plus près des pratiques et des productions discursives – en l’espèce, un corpus restreint, mais représentatif, de deux ouvrages anglo-américains (une monographie et un ouvrage collectif datés de 2003) mettant en scène ou en jeu les relations de Deleuze à la littérature.
Mon analyse socio-discursive permet de faire émerger des régularités bibliographiques, conceptuelles, thématiques et aussi éthiques ou politiques constituant le « Deleuze et la littérature » anglo-américain. L’analyse s’opère à l’articulation de deux domaines, d’une part la spécificité de la mobilisation de Deleuze dans le contexte anglo-américain et d’autre part la spécificité de l’usage de cette pensée dans son rapport et ses applications possibles au champ littéraire.
Le recours à Deleuze dans le champ littéraire universitaire anglo-américain ne s’explique ni par les propos du philosophe sur la littérature américaine, ni par le contexte universitaire, ni par une tradition philosophique, mais se « nourrit de lui-même » par le jeu éditorial de production de textes sur Deleuze et par le jeu universitaire de la référence qui constituent une culture deleuzienne propre au monde anglo-américain. Dans ce contexte, les usages de Deleuze sont partagés, mais partagés paradoxalement puisque le philosophe est constitué en penseur de la singularité. Pour autant, les auteurs du corpus s’attachent à restituer (ou à constituer) un Deleuze « utile », c’est-à-dire un Deleuze réinvesti dans une nouvelle production textuelle et intellectuelle, dans des questionnements contemporains (ou « post-modernes »).
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L’étude du contexte historique et institutionnel des centres d’art permet de souligner les contradictions entre les trois missions qui leur sont attribuées (envers l’art, les artistes et le public – la « quatrième mission », implicite,... more
L’étude du contexte historique et institutionnel des centres d’art permet de souligner les contradictions entre les trois missions qui leur sont attribuées (envers l’art, les artistes et le public – la « quatrième mission », implicite, étant d’assurer leur propre pérennité). Dans ce contexte, la notion de territoire joue un rôle clé lorsqu’elle apparaît dans les textes de présentation institutionnelle des centres d’art. Elle y est fréquemment mobilisée, mais dans trois acceptions différentes : courante (la « mise en culture des territoires »), métaphorique (la « mise en territoire de l’art ») et réflexive.
Dans la première acception, le « territoire » est l’occasion pour les centres d’art de construire toute une palette de situations. Aux deux extrêmes, apparaissent un rapport immédiat, dominé, aux injonctions « locales » des tutelles et, à l’opposé, un jeu avec la contrainte qu’il représente pour gagner en reconnaissance. Mais le rapport initialement « évident » au territoire a cédé le pas à des rapports construits, calculés, stratégiques à l’invocation du territoire devant des tutelles demandeuses de cette invocation, sans qu’une quelconque « évaluation » des politiques mises en œuvre à ce titre ait été effectuée.
... http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00643814/fr/. oai:halshs.archives-ouvertes.fr:halshs-00643814. Contributeur : Sarah Cordonnier <>. Soumis le : Mardi 22 Novembre 2011, 19:09:00. Dernière modification le : Mardi 22... more
... http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00643814/fr/. oai:halshs.archives-ouvertes.fr:halshs-00643814. Contributeur : Sarah Cordonnier <>. Soumis le : Mardi 22 Novembre 2011, 19:09:00. Dernière modification le : Mardi 22 Novembre 2011, 19:09:00.
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